Sodome et Gomorrhe

 

La première partie de ce livre tourne essentiellement autour du personnage de Charlus et de l’homosexualité. Le narrateur surprend les ébats amoureux du baron de Charlus avec Jupien le giletier. Une solide et durable liaison va s’établir entre les deux hommes, Jupien devenant le protégé de Charlus qui en fait son secrétaire particulier. C’est dans ce livre également que le narrateur devient un des fidèles des salons de la haute aristocratie du faubourg Saint Germain, fasciné  par cette société, son mode de vie, ses excès. Il fréquente également le salon des Verdurin avec assiduité au point de se sentir parfaitement à l’aise dans ce milieu mondain et artificiel. En même temps, il lui arrive de prendre conscience, qu’entraîné dans un tourbillon de mondanités il en oublie les autres et même sa grand-mère qui était il y a peu un des êtres qu’il chérissait le plus mais ses remords sont de courte durée. Le narrateur fait, avec sa mère, un nouveau séjour à Balbec, dont il redécouvre les lieux avec nostalgie. Il y retrouve Albertine et leurs relations souvent orageuses. Il s’interroge sur ses propres sentiments jusqu’au jour où il la surprend dansant de façon équivoque avec son amie Andrée. Est-elle attirée par les femmes ? Désormais, taraudé par le doute et la jalousie il se montre souvent odieux avec Albertine qui souffre de cette  attitude et lui reproche sa dureté. Le narrateur est partagé entre le plaisir d’être avec elle et l’envie subite de mettre fin à cette liaison pour retrouver sa liberté. A l’issue de longues tergiversations, il annonce brutalement à sa mère qu’il va épouser Albertine.

Un jour le narrateur aperçoit M. de Charlus sortant de chez la princesse de Villeparisis, sa tante. Il s’étonne de son allure qui rappelle celle d’une femme. En traversant la cour, Charlus se trouve nez à nez avec Jupien ; le narrateur assiste alors à une scène de séduction, les deux hommes se regardent intensément, échangent des œillades puis se livrent à un étrange ballet ressemblant à un prélude rituel, et enfin Jupien invite le baron à entrer chez lui. Le narrateur se rapproche discrètement de la pièce où les deux hommes se sont réfugiés. De là, lui parviennent à travers un vasistas les bruits de l’intérieur (cette situation lui rappelle Montjouvain où il avait surpris la fille de M. Vinteuil avec son amie). Des sons inarticulés, violents, des plaintes de plaisir traduisent une relation brève et violente entre entre les deux hommes. Jupien refuse avec dédain l’argent que le baron lui propose. Impressionné par ce qu’il vient d’entendre, le narrateur doit se rendre à une évidence, le baron de Charlus est un inverti. Ce constat éclaire tout ce qui lui paraissait auparavant incohérent, et au bout d’une longue réflexion à propos des homosexuels sur lesquels pèsent lourdement les contraintes sociales, il comprend leur solitude, eux qui ne peuvent se confier à personne, même pas à leur propre mère. Il imagine leur vie cachée. Désormais Charlus vient fréquemment rendre visite à sa sa tante car une relation régulière s’est établie avec Jupien qu’il va d’ailleurs engager comme secrétaire particulier.

Le narrateur se rend la réception de la princesse de Guermantes. Comme toujours, la princesse est très belle et le jeune homme admire l’art qu’elle déploie, (quoique un peu mécanique) pour accueillir ses invités.

Charlus est présent et, à son habitude, plastronne avec orgueil. Il y a aussi Mme d’Arpajon, ancienne maîtresse du duc de Guermantes, récemment supplantée par Mme de Surgis-le-Duc, femme sculpturale et magnifique. M. de Bréauté susurre un bonsoir à l’oreille du narrateur et le présente au prince de Guermantes  » d’un air friand, cérémonieux et vulgaire ». Le prince fait un accueil poli mais hautain au narrateur qui apprécie une telle réserve. On assiste à l’arrivée d’un groupe de jeunes diplomates appartenant à une ambassade ne retenant que les diplomates invertis. En grande conversation, Charlus et Vaugoubert en sont tout émoustillés. A son habitude, Mme de Saint-Euverte est venue pour recruter des nouveaux pour sa garden-party du lendemain qu’elle croit être la plus fameuse de Paris contrairement à l’avis de beaucoup d’autres. Elle fait de la retape, vantant la qualité des invités et des spectacles qui seront donnés. Plus artiste et plus tolérante que sa cousine et d’une certaine largesse d’esprit la princesse de Guermantes a coutume d’inviter des gens que sa cousine n’inviterait pas, elle se montre plus artiste et plus tolérante et semble avoir l’esprit plus large. Cependant, antisémite, elle ne veut pas du « pauvre Charles » [Swann] dans ses grandes réceptions. Pourtant celui-ci est aujourd’hui présent, en conciliabule avec le prince, ce qui ne manque pas d’intriguer les invités. Fidèle à sa réputation la duchesse de Guermantes toujours aussi critique se moque méchamment de son entourage, de Mme de Rampillon qu’elle compare à « un squelette en robe ouverte », de Mme de Citri toujours aussi négative et désagréable, « l’écume aux dents ». Saint-Loup confie au narrateur que son oncle Charlus est un coureur de jupon invétéré semblant ainsi ignorer ses tendances véritables que le narrateur se garde bien de lui révéler.

Charlus qui battait froid à Mme de Surgis parce qu’elle était la maîtresse de son frère se montre soudainement aimable avec elle et retrouve son ton séducteur quand il découvre qu’elle a deux fils très beaux. Voyant soudainement tout près de lui Mme de Saint-Euverte pour laquelle il éprouve une véritable haine et sachant qu’elle l’entend, il se lance à son encontre dans une litanie d’injures d’une telle violence que le narrateur en est choqué.

Swann qui vient d’avoir un aparté avec le prince de Guermantes dévoile au narrateur le contenu de leur conversation. Le prince initialement antidreyfusard convaincu a fini par avoir des doutes sur la culpabilité de Dreyfus. Il s’est mis à lire régulièrement les journaux dreyfusistes en se cachant de sa femme de peur de la peiner avant d’apprendre avec joie que, de son côté, elle aussi a suivi le même parcours. Swann est très ému par cette déclaration.

On apprend que la princesse de Guermantes a été amoureuse de Charlus pour qui elle garde une affection particulière bien qu’il ait parfois des attitudes et des paroles équivoques éveillant les soupçons de certaines personnes de son entourage  sur lses mœurs.

Le narrateur réalise qu’il se sent désormais parfaitement à l’aise dans ce milieu mondain et artificiel et il lui arrive de prendre conscience, qu’entraîné dans un tourbillon de mondanités il en oublie les autres et même sa grand-mère qui était encore il y a peu un des êtres qu’il chérissait le plus. Il en éprouve des remords vite oubliés. A la fin de la soirée, le duc et la duchesse de Guermantes ramènent le narrateur dans leur voiture. En arrivant chez eux, on annonce au duc la mort de son cousin. Ne voulant pas gâcher le bal costumé qui doit clore la soirée, au mépris de cette nouvelle, le duc ne se préoccupe que de son déguisement.

Le narrateur rentre chez lui où il a rendez-vous avec Albertine qui n’est pas encore arrivée et il l’attend avec impatience et inquiétude tout en réalisant qu’il n’a pas pensé à elle trois minutes durant toute la soirée. Quand l’appel téléphonique espéré arrive, le narrateur feint l’indifférence, et annonce à Albertine, qui propose de remettre sa visite au lendemain, qu’il ne sera pas libre avant une quinzaine puis, toujours aussi inconstant, il change brutalement d’avis et lui demande de venir sur le champ. Françoise n’est pas contente, elle trouve qu’Albertine n’a pas sa place dans la maison et elle la déteste parce qu’elle est pauvre et qu’elle considère que c’est une pique-assiette ! Quand enfin Albertine arrive, jolie, le narrateur n’a qu’une envie, l’embrasser et la caresser ce qu’elle accepte de bon cœur.
Les salons sont très à la mode à Paris. Celui de Mme Verdurin connaît un succès très dreyfusard. Celui de Mme Swann s’est « cristallisé » autour d’un homme, d’un mourant, Bergotte, et rassemble les plus grands noms de l’aristocratie mais la duchesse de Guermantes s’obstine à rester à l’écart. Swann est malheureux de voir sa femme fréquenter des nationalistes antidreyfusards notoires, très malade il subit cela avec tristesse. Sa fille, Gilberte, hérite d’un de ses oncles d’une énorme fortune et aussitôt le faubourg Saint-Germain qui l’avait tenue à l’écart jusque là commence à s’intéresser à elle.

Régates à Sainte-adresse de Claude Monet

A l’occasion d’un nouveau séjour à Balbec, le narrateur redécouvre les lieux avec nostalgie. On lui apprend qu’Albertine est arrivée et souhaiterait le voir mais il fait répondre qu’il est fatigué. Il ne cesse de penser à sa grand-mère et revit avec émotion sa maladie et ses souffrances. Françoise lui apprend que, se sentant très malade, sa grand-mère avait voulu lui laisser une photo d’elle avant de mourir. Il se souvient alors d’une séance de photo avec Robert de Saint-Loup dont il s’était moqué et il en est tellement troublé que pendant plusieurs jours il refuse de recevoir Albertine. Le chagrin s’estompant, il reprend goût à la vie et à la présence de la jeune fille. Au fil des jours ses relations avec elle accusent des hauts et des bas. Il continue de s’intéresser aux autres femmes et avouera treize aventures au court de la saison.

Un jour, au Petit Casino d’Incarville le narrateur regarde Albertine danser avec son amie Andrée. Le docteur Cottard observe lui aussi la scène. Quand, choqué par leur attitude lascive, il en fait la remarque au narrateur, celui-ci est submergé par le trouble, le doute et la jalousie. Se remémorant tous les mensonges maladroits d’Albertine, il se met à interpréter tous ses gestes et paroles lorsqu’elle est en compagnie d’une amie. Il ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec Swann qui a été trahi toute sa vie par Odette. Albertine n’a-t-elle pas « la même immoralité, la même faculté de tromperie qu’une ancienne grue ?  » La jeune fille souffre des soupçons du narrateur et lui reproche sa dureté. Pour la défier, il lui déclare éprouver une grande passion pour Andrée alors qu’elle-même, Albertine, ne peut être pour lui qu’une bonne camarade. Albertine se montre compréhensive et le narrateur décidément instable retrouve une certaine gentillesse, bien que restant sous l’empire de sa jalousie. Il essaie de lui soutirer des confessions, en lui rapportant des bruits qui lui sont parvenus sur ses mœurs. Elle nie avec colère, se fâche puis se réconcilie. Le narrateur fréquente à nouveau la petite bande et remarque aussi de nouvelles et jolies jeunes filles qu’il emmènerait volontiers dans les dunes s’il n’était stoppé par la timidité.  Aussi s’étourdit-il en buvant du porto plus que de mesure. Il devient alors très entreprenant mais les jeunes filles, elles, n’ont pas bu et gardent toute leur tête !

Bien qu’ayant déclaré à Albertine qu’il ne l’aime plus, sa jalousie demeure. Il tente de l’éloigner de toute personne qu’il juge dangereuse et, en particulier, de la sœur de Bloch qui a des relations spéciales avec une ancienne actrice et se tient très mal en public.
Se rendant pour la première fois chez les Verdurin à la Raspelière, le narrateur emprunte le petit train local dans lequel il retrouve les habitués des soirées Verdurin : Brichot, professeur à la Sorbonne, féru d’étymologie et qui a coutume de se lancer dans de longs développements sur l’origine des noms du pays ; Saniette, personnage gentil, timide, maladroit et ennuyeux ; la princesse Sherbatoff très riche, amie intime de Mme Verdurin, Cottard qui passe plus de temps chez les Verdurin qu’à l’Académie et qui se montre souvent odieux, prétentieux et vaniteux. Il y a aussi Morel le violoniste, nouveau protégé des Verdurin qui vient jouer trois fois par semaine à leurs soirées ; Ski, sculpteur, et doué d’autres talents artistiques ; et également le baron de Charlus, membre récent de la petite bande, qui ne se mêle pas aux autres invités et préfère voyager dans un autre compartiment. On apprend que les Cambremer, propriétaires de la Raspelière ont été invités ce soir-là. Ils ont accepté, curieux de voir leur maison nouvellement réaménagée, mais aussi afin de se mettre bien avec les Verdurin et renouveler la location pour les années à venir. Dechambre l’ancien protégé de Mme Verdurin, ami de vingt-cinq ans, est mort la veille. Contrairement à ce que l’on craignait, cette mort laisse Mme Verdurin parfaitement indifférente, ayant coutume d’oublier les gens tout de suite après leur mort.

Le narrateur se sent heureux parmi ces personnes. Il apprécie les Verdurin pleins d’attentions pour lui. Durant le repas, Cottard, assis à côté de Charlus, le regarde en clignant des yeux sous son lorgnon. Il ne s’agit là que d’un tic, mais Charlus prend son voisin pour un inverti qui lui fait des avances, aussi prend-il un air offensé et glacial car Cottard ne lui plaît pas. Il ne tardera pas à être rassuré. Pendant ce temps, Madame de Cambremer observe d’un œil critique les aménagements effectués dans la décoration. La vue de Mme de Cambremer amène le narrateur à se souvenir de certains propos qu’elle a rapportés, selon lesquels la tante d’Albertine serait favorable à un mariage avec lui… contrairement à la mère du narrateur, cependant décidée à laisser la liberté à son fils.

M. Verdurin engage la conversation avec Saniette dans le seul but de se moquer de lui, avec une violence qui réjouit la plupart des convives. Pris de pitié, le narrateur détourne l’attention des convives et porte la conversation sur Elstir. Mme Verdurin l’a très bien connu dans le passé. Il fréquentait son salon avec sa femme (elle l’appelait Biche ou Tiche). C’est elle qui l’a rendu célèbre. Extrêmement possessive, elle a essayé de casser le ménage du peintre, sans y parvenir, mais l’artiste n’a pas apprécié et ne fréquente plus son salon. Depuis, elle n’a pas de mots assez durs pour lui, allant jusqu’à déclarer qu’il a perdu son talent.

Le narrateur entend Ski murmurer à Cottard que Charlus est homosexuel. Certains détails dans l’attitude de Charlus conduisent Mme Verdurin à le soupçonner d’aimer les hommes. Elle se pose d’ailleurs beaucoup de questions à son sujet et se montre très surprise lorsqu’il lui dit être le frère du duc de Guermantes.

Raspelière Dinner with the Verdurin's little clan at Raspelière. Scene from Nina Companeez's Marcel Proust's A la recherche du temps perdu.

Dîner à la Raspelière (photo tirée du film « A la recherche du temps perdu » réalisé par Nina Companeez)

Désormais, le narrateur se rend très souvent chez les Verdurin d’où il ne rentre que tard le soir, tombant de sommeil. Il revoit à nouveau régulièrement Albertine qui s’est remise à la peinture et, chaque jour, ils font ensemble une longue promenade dans une voiture louée avec chauffeur. Charlus utilise également cette voiture, pour se promener dans les environs et aller dans des restaurants de la Côte en compagnie de Morel, sa nouvelle conquête, envers lequel il fait preuve d’une grande générosité, alors que ce dernier le méprise ouvertement et se montre odieux avec lui.

Le narrateur ressent à nouveau une forte attirance pour Albertine. Dès qu’il est loin d’elle, il s’impatiente de la retrouver, mais il a conscience d’avoir connu des pulsions envers Mme de Stermaria et la duchesse de Guermantes, et il se demande si « son sort était de ne poursuivre que des fantômes des êtres dont la réalité pour une bonne part était dans [son] imagination ».

Sa mère lui reproche de dépenser beaucoup d’argent et de passer trop de temps avec la jeune fille, mais ses remarques ont plutôt un effet inverse à celui escompté et les deux jeunes gens ne se quittent plus. Il leur arrive de s’aimer dans la voiture ou dans l’herbe, après s’être étourdis de cidre ou de calvados. Amoureux et apaisé, le narrateur se couche au petit matin. Il continue de voir Saint-Loup, toujours en garnison à Doncières, mais en raison de sa jalousie, uniquement s’il est certain que celui-ci ne pourra rencontrer Albertine.

La saison à Balbec se termine, les jours raccourcissent, mais les visites aux Verdurin se poursuivent dans une étrange atmosphère automnale. Le narrateur s’y rend désormais avec Albertine qu’il a présentée aux Verdurin comme étant une cousine. Le groupe se retrouve dans le petit train où Charlus continue à ne pas se mêler aux autres, laissant ceux qui le souhaitent le rejoindre dans son compartiment. Tout le monde pense aux révélations de Ski quant à ses mœurs et Charlus a conscience d’être regardé avec une certaine réserve, d’autant qu’il fait fréquemment référence à l’homosexualité et aux invertis. Mme Verdurin a percé enfin la nature des relations entre Charlus et Morel ; ainsi, un jour qu’ils sont en retard, elle n’hésite pas à clamer bien haut : « Nous n’attendons plus que ces demoiselles ! ».

La roue tourne et, une fois de plus, le narrateur déclare ne plus ressentir d’amour pour Albertine, ni de jalousie, cependant il ne peut supporter de la laisser seule plus de quelques minutes. Il la comble de cadeaux et veille à ce qu’elle porte des tenues élégantes.
Toujours aussi attaché à Morel, Charlus le trouve beau et lui prête de nombreuses qualités qu’en réalité celui-ci ne possède pas. Plus il lui prodigue des signes d’affection, plus Morel se montre désagréable, voire grossier. Les scènes se multiplient entre les deux hommes et, un jour, Morel ayant dépassé la mesure, Charlus, désespéré, simule un faux duel pour tenter de le faire revenir. Le stratagème réussit et, fou de joie, Charlus profite de sa victoire apparente pour réprimander durement son ami. Mais celui-ci ne s’amende guère et tente de lui soutirer de grosses sommes, sans succès d’ailleurs, Charlus craignant que Morel n’en fasse profiter un autre. Le jeune musicien parvient quelquefois à échapper à l’emprise de Charlus, comme ce jour où, moyennant de l’argent, il passe la nuit dans un bordel avec un étranger dont il ignore le nom et qui n’est autre que le prince de Guermantes. Charlus a vent de l’infidélité de Morel, sans pourtant connaître l’identité de l’étranger.

Le petit clan découvre que Brichot est follement amoureux de Mme de Cambremer, mais possessive et jalouse, Mme Verdurin va vite mettre le holà à cette idylle. Brichot en souffrira beaucoup et sa santé, déjà vacillante, va se détériorer davantage.

On est en automne, les jours raccourcissent et le narrateur apprécie toujours autant les voyages en train dans la brume et l’obscurité, en compagnie du petit clan. Ses relations avec Albertine se poursuivent avec la même inconstance, il lui arrive d’envisager de demander sa main pour renoncer aussitôt à ce projet qui lui paraît être une folie. Perpétuellement indécis, il peut même décider une rupture dont il repousse sans cesse l’annonce. Celle qu’il croit aimer réellement, c’est Andrée. Un soir, dans le train de retour de la Raspelière, Albertine laisse entendre au détour d’une phase qu’elle a bien connu Mlle Vinteuil et son amie, toutes deux homosexuelles notoires. C’est un choc terrible pour le narrateur. Sa jalousie réveille aussitôt des soupçons qui lui font inventer une histoire à l’intention d’Albertine : il a dû épouser une autre femme, ce qui doit mettre fin à leur liaison. Puis, nouveau revirement, contre toute attente il propose à Albertine de venir habiter chez lui à Paris, car il est très malheureux. Et tout aussi soudainement, il fait part de sa décision à sa mère : « il faut absolument que j’épouse Albertine ».

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