Saint-Euverte (Madame Diane de)

Saint-Euverte MmeMme de Saint-Euverte d’après David Richardson

Nombre de citations du personnage dans chacun des sept livres de la Recherche

Total

Swann

JF

Guer

SG

Pris

Fug

TR

90

24

 

4

41

     1  

20

Modèles possibles : Le marquis d’Alfubera amant de Louisa de Mornand qui semble avoir inspiré Rachel ; Armand de Gramont ; Bertrand de Fénelon ; Clément de Maugny ; Gaston de Caillavet.

Elle fait partie de l’aristocratie parisienne et a coutume d’organiser des soirées musicales dans son hôtel particulier (1) où se réunissent des invités très variés parmi lesquels Charles Swann, ce qui indispose certains aristocrates du faubourg Saint Germain qui acceptent mal de côtoyer un juif  (2).

Mme de Saint-Euverte a pour ambition d’attirer dans son salon le plus grand nombre possible de personnes connues aussi elle ne se prive pas de fréquenter les salons concurrents en vue de débaucher certains de leurs invités (3).

Pour des raisons que l’on ignore, le Baron de Charlus la déteste et se montre à son égard d’une cruauté et d’une grossièreté  surprenantes (4).

Malgré tous ses efforts, Mme de Saint-Euverte n’arrivera jamais à donner à son salon le brillant et le lustre qu’atteignent pendant la guerre ceux des deux reines de Paris, Mme Verdurin et Mme Bontemps (5).

(1)

C’était chez la marquise de Saint-Euverte, à la dernière, pour cette année-là, des soirées où elle faisait entendre des artistes qui lui servaient ensuite pour ses concerts de charité (Swann 322/444).

(2)

C’est drôle qu’il [Swann] aille même chez la mère Saint-Euverte, dit Mme de Gallardon. Oh ! je sais qu’il est intelligent, ajouta-t-elle en voulant dire par là intrigant, mais cela ne fait rien, un juif chez la sœur et la belle-sœur de deux archevêques ! (Swann 334/459).

(3)

En réalité, Mme de Saint–Euverte était venue, ce soir, moins pour le plaisir de ne pas manquer une fête chez les autres que pour assurer le succès de la sienne, recruter les derniers adhérents, et en quelque sorte passer in extremis la revue des troupes qui devaient le lendemain évoluer brillamment à sa garden-party (SG 669/69).

(4)

Croyez-vous que cet impertinent jeune homme, dit-il en me désignant à Mme de Surgis, vient de me demander, sans le moindre souci qu’on doit avoir de cacher ces sortes de besoins, si j’allais chez Mme de Saint-Euverte, c’est-à-dire, je pense, si j’avais la colique. Je tâcherais en tout cas de m’en soulager dans un endroit plus confortable que chez une personne qui, si j’ai bonne mémoire, célébrait son centenaire quand je commençai à aller dans le monde, c’est-à-dire pas chez elle. Et pourtant, qui plus qu’elle serait intéressante à entendre ? Que de souvenirs historiques, vus et vécus du temps du Premier Empire et de la Restauration, que d’histoires intimes aussi qui n’avaient certainement rien de « Saint », mais devaient être très « Vertes », si l’on en croit la cuisse restée légère de la vénérable gambadeuse. Ce qui m’empêcherait de l’interroger sur ces époques passionnantes, c’est la sensibilité de mon appareil olfactif. La proximité de la dame suffit. Je me dis tout d’un coup : « Oh ! mon Dieu, on a crevé ma fosse d’aisances », c’est simplement la marquise qui, dans quelque but d’invitation, vient d’ouvrir la bouche. Et vous comprenez que si j’avais le malheur d’aller chez elle, la fosse d’aisances se multiplierait en un formidable tonneau de vidange. Elle porte pourtant un nom mystique qui me fait toujours penser avec jubilation, quoiqu’elle ait passé depuis longtemps la date de son jubilé, à ce stupide vers dit « déliquescent » : « Ah ! verte, combien verte était mon âme ce jour-là… » Mais il me faut une plus propre verdure. On me dit que l’infatigable marcheuse donne des « garden-parties », moi j’appellerais ça « des invites à se promener dans les égouts » (SG 700/99).

(5)

Le salon Sainte-Euverte était une étiquette défraîchie sous laquelle la présence des plus grands artistes, des ministres les plus influents, n’eût attiré personne (TR 726/32)

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *