Surgis-le-Duc (Marquise de)

Nombre de citations du personnage dans chacun des sept livres de la Recherche

Total

Swann

JF

Guer

SG

Pris

Fug

TR

47

   

1

44

2

   

L’auteur lui donne parfois le titre de duchesse

Femme très belle, elle devient la maîtresse de Basin de Guermantes après que celui-ci ait abandonné Mme d’Arpajon  (1). Le narrateur est déçu d’apprendre que Mme de Surgis n’est pas issue d’une lignée aussi « poétique » qu’il le pensait puisque la fin de son nom « le-Duc » a pour origine le nom d’un roturier, richissime industriel, M. Leduc (2).

Le baron de Charlus qui n’apprécie pas que Mme de Surgis soit la maîtresse de son frère et il adopte avec elle une une attitude froide et distante. Soudainement il se montre très aimable au cours de la soirée chez le prince et la princesse de Guermantes. Etonnée dans un premier temps, Mme de Surgis comprend subitement les raisons de ce revirement,  Charlus est séduit par la beauté de ses deux fils. Indisposée par l’attitude équivoque du baron de Charlus vis-à-vis de ses fils elle leur interdit de le fréquenter désormais (3).

(1) D’ailleurs, Mme d’Arpajon était fort contrariée ; beaucoup de regards s’étant levés vers un balcon Renaissance à l’angle duquel, au lieu des statues monumentales qu’on y avait appliquées si souvent à cette époque, se penchait, non moins sculpturale qu’elles, la magnifique duchesse de Surgis-le-Duc, celle qui venait de succéder à Mme d’Arpajon dans le cœur de Basin de Guermantes. Sous le léger tulle blanc qui la protégeait de la fraîcheur nocturne on voyait, souple, son corps envolé de Victoire (SG 652/52).
(2) Swann m’apprit à ce propos, un peu plus tard, quelque chose qui ôta, pour moi, au nom de Surgis-le-Duc toute la poésie que je lui avais trouvée. La marquise de Surgis-le-Duc avait une beaucoup plus grande situation mondaine, de beaucoup plus belles alliances que son cousin, le comte de Surgis qui, pauvre, vivait dans ses terres. Mais le mot qui terminait le titre, « le Duc », n’avait nullement l’origine que je lui prêtais et qui m’avait fait le rapprocher, dans mon imagination, de Bourg-l’Abbé, Bois-le-Roi, etc. Tout simplement, un comte de Surgis avait épousé, pendant la Restauration, la fille d’un richissime industriel M. Leduc, ou Le Duc, fils lui-même d’un fabricant de produits chimiques, l’homme le plus riche de son temps, et qui était pair de France. Le roi Charles X avait créé, pour l’enfant issu de ce mariage, le marquisat de Surgis-le-Duc, le marquisat de Surgis existant déjà dans la famille (SG 706/104).
(3) Mme de Surgis n’avait pas un sentiment moral le moins du monde développé, et elle eût admis de ses fils n’importe quoi qu’eût avili et expliqué l’intérêt, qui est compréhensible à tous les hommes. Mais elle leur défendit de continuer à fréquenter M. de Charlus quand elle apprit que, par une sorte d’horlogerie à répétition, il était comme fatalement amené, à chaque visite, à leur pincer le menton et à le leur faire pincer l’un l’autre (Pris 205/193).

 

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