Charlus

Charlus d’après David Richardson

Nombre de citations du personnage dans chacun des sept livres de la Recherche

Total

Swann

JF

Guer

SG

Pris

Fug

TR

1361

32

40

128

565

378

34

184

Modèles possibles : Robert de Montesquiou dandy et homme de lettre, le baron Doäzan ; le comte de la Rochefoucauld ; le duc de Bisaccia ; Oscar Wilde.

Palamède de Guermantes, Baron de Charlus, appelé parfois par ses proches Mémé, Taquin le Superbe par sa belle-sœur, ma petite gueule par Jupien ou encore l’homme enchaîné par les fripouilles d’un bordel.

Il est une des figures de la haute aristocratie parisienne ; il est le frère du duc de Guermantes et de la comtesse de Marsantes, le cousin du prince de Guermantes, le neveu de madame de Villeparisis, l’oncle de Robert de Saint-Loup. Il est veuf depuis très longtemps.

Très imbu de sa personne, il est monstrueusement orgueilleux et peu faire montre d’une grande brutalité avec ceux qu’il n’aime pas. A l’inverse il sait se montrer charmeur, séducteur mais il est souvent inquiétant. Il fait montre d’une grande culture  aussi bien dans les domaines de la littérature, de la musique, de la peinture. D’humeur changeante dans ses relations avec ses proches ceux-ci ont souvent du mal à deviner quelles seront ses réactions. D’une apparence très virile, en prenant de l’âge il laisse d eplus en plus percer un côté féminin mais ce n’est que tardivement qu’il dévoilera ses goûts homosexuels. Amoureux muet du narrateur il lui proposera à plusieurs reprises d’être son mentor.

C’est à Combray, alors qu’il est enfant, que le narrateur entend parler de Charlus pour la première fois : Odette, la femme de Swann, aurait une aventure avec lui (1). C’est toujours à Combray, au cours d’une promenade que le narrateur l’aperçoit pour la première fois en compagnied’Odette Swann et de sa fille Gilberte. En les voyant le grand-père du narrateur est outré et ne peut s’empêcher de grommeler des commentaires imcompréhensibles pour le narrateur enfant (2).

Les relations entre Swann et Odette se sont dégradées et Swann demande à son ami Charlus de jouer le rôle l’intermédiaire pour tenter de lui ramener sa femme (3).

C’est bien plus tard que le narrateur fait connaissance de M. de Charlus pendant un séjour à Balbec et le premier contact n’a rien de chaleureux. Curieux, le narrateur se souvient des bruits qui courraient à Combray aussi questionne-t-il son ami Saint-Loup sur les relations passées entre son oncle et Mme Swann (4).

Durant ce même séjour  à Balbec, Saint-Loup rapporte à son oncle Palamède que le narrateur ressent de la tristesse avant de s’endormir. Le soir même Charlus rend visite au narrateur dans sa chambre d’hôtel et lui apporte un livre. Il se montre doux et attentionné puis quitte la chambre brusquement (5).

Le narrateur rencontre à nouveau M. de Charlus, à Paris, dans les salons de Mme de Villeparisis et c’est alors qu’il découvre avec étonnement qu’il est le frère du duc de Guermantes. Charlus propose au narrateur de quitter la réception et de l’accompagner dehors. Madame de Villeparisis informée de ce projet se montre contrariée et tente de persuader le narrateur de renoncer à ce projet ; visiblement, elle est soucieuse, peut-être est-ce  parce qu’elle connaît les mœurs particulières de son neveu (6). Finalement les deux hommes sortent ensembles. Charlus tient un langage peu clair et mystérieux passant d’une extrême froideur à une familiarité amicale, attitude qui laisse le narrateur perplexe (7). Dans un monologue décousu, il tient des propos étranges sur la famille Bloch qui laissent entendre ainsi qu’il est antisémite et antidreyfusard  mais bien vite il se défend d’être antidreyfusard utilisant pour cela des arguments spécieux avant de quitter brutalement le narrateur désarçonné (8).

Certains de ses proches de Charlus font parfois des allusions sur le côté efféminé ce qui n’a pas l’heur de plaire à toute la famille (9).

Un soir, le narrateur rend visite à Charlus chez lui et de manière inattendu celui-ci rentre dans une colère terrible contre le narrateur qui n’en comprend pas la raison (10). Durant un long moment le narrateur subit les foudres de Charlus puis, excédé, perd son calme et piétine et disloque son chapeau haut de forme (11). Mais bientôt le Baron de Charlus change à nouveau de registre et fait au narrateur une véritable déclaration d’amour (12).

Un jour Charlus vient rendre visite à sa tante Madame de Villeparisis et rencontre inopinément Jupien le giletier qui tient sa boutique dans la cour de l’hôtel particulier. Le narrateur assiste de loin à la rencontre entre les deux hommes (13). Après s’être observés quelques minutes, les deux hommes rentrent dans la boutique de Jupien et ont une relation sexuelle passionnée et bruyante (14). C’est ainsi que le narrateur découvre l’homosexualité de Charlus (15). A partir de ce jour, Charlus fréquente assidûment Jupien et va favoriser ses activités par des recommandations dans son entourage (16). Cette aventure avec Jupien lui ôte beaucoup de retenue et on le voit dans les salons, attentif aux hommes qui semblent avoir les mêmes goûts que lui,  le duc de Sidonia (SG 638), M. de Vaucouvert (SG 643) ou bien à des jeunes gens tels que les deux fils de Mme de Surgis. D’ailleurs celle-ci est indisposée par l’attitude équivoque du baron vis-à-vis de ses fils et leur interdira de le fréquenter (17).

La famille de Charlus commence à être consciente de ses tendances homosexuelles. Très discrètement la princesse de Guermantes s’en confie au narrateur (18).

Le Baron de Charlus peut montrer une méchanceté et une cruauté surprenantes. Il déteste Mme de Saint-Euverte et au cours d’une soirée, après s’être assuré que celle-ci l’entend, il se répand en injures grossières à son égard (19).

Sur le quai d’une petite gare de la côte normande, alors qu’il se rend en train chez les Verdurin à la Raspelière le narrateur aperçoit Charlus en grand discussion avec Morel le musicien protégé des Verdurin. C’est pour Charlus sa première rencontre avec Morel et se sera le début d’une liaison passionnée et agitée (20).

Au grand étonnement de certains, Charlus est régulièrement invité chez les Verdurin (21). Mme Verdurin ignore que le baron fait partie de la haute noblesse et c’est avec étonnement qu’elle découvre sa très proche parenté avec les Guermantes  (22). Charlus devient rapidement un des fidèles du salon des Verdurin. il se rend trois fois par semaine chez eux, à la Raspelière, propriété  que les  Verdurin louent en Normandie aux Cambremer (23). Bien vite Mme Verdurin comprend la nature des relations entre Charlus et Morel et, si elle se montre discrète en leur présence, elle prend beaucoup moins de précautions lorsqu’ils sont absents (24).

Charlus apprend un jour que son amant Morel l’a trompé avec un autre homme; Il ignore que cet homme n’est autre que son cousin, le Prince de Guermantes. Fou de jalousie, il tend un piège à Morel (25), piège qui va d’ailleurs échouer.

Morel envisage d’épouser la nièce de Jupien. Curieusement Charlus trouve dans ce projet plusieurs raisons de satisfaction (26).

Mme Verdurin est constamment poussée par son ambition d’élévation sociale. Son rêve est de recevoir les aristocrates et la plus haute bourgeoisie du faubourg Saint-Germain et pour atteindre son objectif elle organise une soirée chez elle pour le compte de Charlus qui pourra inviter qui il souhaite (27). Cette expérience s’avère très décevante pour Mme Verdurin puisque non seulement Charlus ne lui marque aucune reconnaissance mais il fait preuve d’ingratitude et d’une grande muflerie. De leur côté les invités de Charlus ignorent superbement Mme Verdurin ou bien se moquent d’elle ouvertement (28). Mais la fâcherie ne sera pas définitive.

Pendant la première guerre mondiale, Charlus se montre défaitiste et s’oppose ainsi à son neveu Robert de Saint-Loup (29). Peut-être en raison de ses ancêtres allemands il a du mal à cacher l’admiration qu’il ressent  pour l’Allemagne, ses soldats, sa discipline qu’il oppose au dilettantisme des français. (30). Mais sa germanophilie et son attitude très critique vis-à-vis de son pays ne l’empêchent pas de faire montre d’un certain patriotisme pour son pays, n’a-t-il pas transformé son hôtel particulier en hôpital militaire (31).

Sur le tard, Charlus fréquente de plus en plus souvent une maison de passe achetée par lui et tenue par Jupien. Il recherche la compagnie des mauvais garçons et s’adonne au masochisme. Le narrateur entré par hasard dans cet établissement pour se désaltérer surprend Charlus enchaîné en train de se faire fouetter (32). Jupien a également pour mission d’amener à Charlus des jeunes garçons qu’il paie généreusement. Sa perversité le pousse à exiger de vrais voyous (33).

On retrouve Charlus, bien des années plus tard, bien qu’ayant subi une attaque et ayant beaucoup vieilli physiquement, il a gardé toute son intelligence (34).

(1) « Je crois qu’il [Swann] a beaucoup de soucis avec sa coquine de femme qui vit au su de tout Combray avec un certain monsieur de Charlus. (Swann 34/88).
(2) Un instant (tandis que nous nous éloignions et que mon grand-père murmurait : « Ce pauvre Swann, quel rôle ils lui font jouer : on le fait partir pour qu’elle reste seule avec son Charlus, car c’est lui, je l’ai reconnu ! Et cette petite, mêlée à toute cette infamie ! ») l’impression laissée en moi par le ton despotique avec lequel la mère de Gilberte lui avait parlé sans qu’elle répliquât, en me la montrant comme forcée d’obéir à quelqu’un, comme n’étant pas supérieure à tout, calma un peu ma souffrance, me rendit quelque espoir et diminua mon amour. (Swann 142/221).
(3) M. de Charlus qu’elle avait rencontré allant chez elle, et qui avait exigé qu’il l’accompagnât. Et à défaut d’aucun, il priait M. de Charlus de courir chez elle, de lui dire comme spontanément, au cours de la conversation, qu’il se rappelait avoir à parler à Swann, qu’elle voulût bien lui faire demander de passer tout de suite chez elle ; mais le plus souvent Swann attendait en vain et M. de Charlus lui disait le soir que son moyen n’avait pas réussi. (Swann 311/431).
(4) Mais parmi les nombreuses maîtresses que vous me disiez qu’avait eues votre oncle, M. de Charlus, est-ce qu’il n’y avait pas Madame Swann ?— Oh ! Pas du tout ! C’est-à-dire qu’il est un grand ami de Swann et l’a toujours beaucoup soutenu. Mais on n’a jamais dit qu’il fût l’amant de sa femme. Vous causeriez beaucoup d’étonnement dans le monde si vous aviez l’air de croire cela.Je n’osais lui répondre qu’on en aurait éprouvé bien plus à Combray si j’avais eu l’air de ne pas le croire. (JF 756/323).
(5) C’est Charlus. Puis-je entrer, monsieur ? Monsieur, reprit-il du même ton une fois qu’il eut refermé la porte, mon neveu racontait tout à l’heure que vous étiez un peu ennuyé avant de vous endormir, et d’autre part que vous admiriez les livres de Bergotte. Comme j’en ai dans ma malle un que vous ne connaissez probablement pas, je vous l’apporte pour vous aider à passer ces moments où vous ne vous sentez pas heureux….(JF 765/332).…Mais du moins vous avez bien placé votre affection dans votre grand’mère. Vous la voyez beaucoup. Et puis c’est une tendresse permise, je veux dire une tendresse payée de retour. Il y en a tant dont on ne peut pas dire cela….(JF 766/333).
(6) Mais, je ne suis pas pressé, Madame, répondis-je ; d’ailleurs j’attends M. de Charlus avec qui je dois m’en aller.Mme de Villeparisis entendit ces derniers mots. Elle en parut contrariée. S’il ne s’était agi d’une chose qui ne pouvait intéresser un sentiment de cette nature, il m’eût paru que ce qui me semblait en alarme à ce moment-là chez Mme de Villeparisis, c’était la pudeur. Mais cette hypothèse ne se présenta même pas à mon esprit. J’étais content de Mme de Guermantes, de Saint–Loup, de Mme de Marsantes, de M. de Charlus, de Mme de Villeparisis, je ne réfléchissais pas, et je parlais gaiement à tort et à travers.—Vous devez partir avec mon neveu Palamède ? me dit-elle.Pensant que cela pouvait produire une impression très favorable sur Mme de Villeparisis que je fusse lié avec un neveu qu’elle prisait si fort : « Il m’a demandé de revenir avec lui, répondis-je avec joie. J’en suis enchanté. Du reste nous sommes plus amis que vous ne croyez, Madame, et je suis décidé à tout pour que nous le soyons davantage. »De contrariée, Mme de Villeparisis sembla devenue soucieuse : « Ne l’attendez pas, me dit-elle d’un air préoccupé, il cause avec M. de Faffenheim. Il ne pense déjà plus à ce qu’il vous a dit. Tenez, partez, profitez vite pendant qu’il a le dos tourné. » (Guer 283/274).
(7)
Voilà comme vous m’attendez, Monsieur. C’était M. de Charlus.—Cela vous est égal de faire quelques pas à pied ? me dit-il sèchement, quand nous fûmes dans la cour. Nous marcherons jusqu’à ce que j’aie trouvé un fiacre qui me convienne.—Vous vouliez me parler de quelque chose, Monsieur ?
—Ah ! voilà, en effet, j’avais certaines choses à vous dire, mais je ne sais trop si je vous les dirai. Certes je crois qu’elles pourraient être pour vous le point de départ d’avantages inappréciables. Mais j’entrevois aussi qu’elles amèneraient dans mon existence, à mon âge où on commence à tenir à la tranquillité, bien des pertes de temps, bien des dérangements. Je me demande si vous valez la peine que je me donne pour vous tout ce tracas, et je n’ai pas le plaisir de vous connaître assez pour en décider. Peut-être aussi n’avez-vous pas de ce que je pourrais faire pour vous un assez grand désir pour que je me donne tant d’ennuis, car je vous le répète très franchement, Monsieur, pour moi ce ne peut être que de l’ennui. (Guer 284/275).
(8) « Vous n’avez pas tort, si vous voulez vous instruire, me dit M. de Charlus après m’avoir posé ces questions sur Bloch, d’avoir parmi vos amis quelques étrangers. » Je répondis que Bloch était Français. « Ah ! dit M. de Charlus, j’avais cru qu’il était Juif. » La déclaration de cette incompatibilité me fit croire que M. de Charlus était plus antidreyfusard qu’aucune des personnes que j’avais rencontrées ; Il protesta au contraire contre l’accusation de trahison portée contre Dreyfus. Mais ce fut sous cette forme : « Je crois que les journaux disent que Dreyfus a commis un crime contre sa patrie, je crois qu’on le dit, je ne fais pas attention aux journaux, je les lis comme je me lave les mains, sans trouver que cela vaille la peine de m’intéresser. En tout cas le crime est inexistant, le compatriote de votre ami aurait commis un crime contre sa patrie s’il avait trahi la Judée, mais qu’est-ce qu’il a à voir avec la France ? »  (Guer 288/277).
(9) « Ce n’est pas pour dire du mal du pauvre Mémé, qui, entre parenthèses, n’était pas libre ce soir, reprit la duchesse, je reconnais qu’il est bon comme personne, il est délicieux, il a une délicatesse, un cœur comme les hommes n’en ont pas généralement. C’est un cœur de femme, Mémé ! »—Ce que vous dites est absurde, interrompit vivement M. de Guermantes, Mémé n’a rien d’efféminé, personne n’est plus viril que lui. —Mais je ne vous dis pas qu’il soit efféminé le moins du monde. Comprenez au moins ce que je dis, reprit la duchesse. Ah ! celui-là, dès qu’il croit qu’on veut toucher à son frère…, ajouta-t-elle en se tournant vers la princesse de Parme. (Guer 508/491).
(10) Je regardais M. de Charlus. Certes sa tête magnifique, et qui répugnait, l’emportait pourtant sur celle de tous les siens; on eût dit Apollon vieilli; mais un jus olivâtre, hépatique, semblait prêt à sortir de sa bouche mauvaise ;…Monsieur, je vous jure que je n’ai rien dit qui pût vous offenser.(Guer 555).…Et qui vous dit que j’en suis offensé ? s’écria-t-il avec fureur en se redressant violemment sur la chaise longue où il était resté jusque-là immobile, cependant que, tandis que se crispaient les blêmes serpents écumeux de sa face, sa voix devenait tour à tour aiguë et grave comme une tempête assourdissante et déchaînée. (La force avec laquelle il parlait d’habitude, et qui faisait se retourner les inconnus dehors, était centuplée, comme l’est un forte, si, au lieu d’être joué au piano, il l’est à l’orchestre, et de plus se change en un fortissime. M. de Charlus hurlait.) Pensez-vous qu’il soit à votre portée de m’offenser ? Vous ne savez donc pas à qui vous parlez ? Croyez-vous que la salive envenimée de cinq cents petits bonshommes de vos amis, juchés les uns sur les autres, arriverait à baver seulement jusqu’à mes augustes orteils ? (Guer 558/537).
(11) D’un mouvement impulsif je voulus frapper quelque chose, et un reste de discernement me faisant respecter un homme tellement plus âgé que moi, et même, à cause de leur dignité artistique, les porcelaines allemandes placées autour de lui, je me précipitai sur le chapeau haut de forme neuf du baron, je le jetai par terre, je le piétinai, je m’acharnai à le disloquer entièrement, j’arrachai la coiffe, déchirai en deux la couronne, sans écouter les vociférations de M. de Charlus qui continuaient et, traversant la pièce pour m’en aller, j’ouvris la porte. Des deux côtés d’elle, à ma grande stupéfaction, se tenaient deux valets de pied qui s’éloignèrent lentement pour avoir l’air de s’être trouvés là seulement en passant pour leur service. (Guer 558/541).
(12) Il fait un clair de lune superbe, que j’irai regarder au Bois après vous avoir reconduit. Comment ! vous ne savez pas vous raser, même un soir où vous dînez en ville vous gardez quelques poils, me dit-il en me prenant le menton entre deux doigts pour ainsi dire magnétisés, qui, après avoir résisté un instant, remontèrent jusqu’à mes oreilles comme les doigts d’un coiffeur. Ah ! ce serait agréable de regarder ce « clair de lune bleu » au Bois avec quelqu’un comme vous », me dit-il avec une douceur subite et comme involontaire, puis, l’air triste : « Car vous êtes gentil tout de même, vous pourriez l’être plus que personne, ajouta-t-il en me touchant paternellement l’épaule. (Guer 562/544).
(13) …le baron, ayant soudain largement ouvert ses yeux mi-clos, regardait avec une attention extraordinaire l’ancien giletier sur le seuil de sa boutique, cependant que celui-ci, cloué subitement sur place devant M. de Charlus, enraciné comme une plante, contemplait d’un air émerveillé l’embonpoint du baron vieillissant. Mais, chose plus étonnante encore, l’attitude de M. de Charlus ayant changé, celle de Jupien se mit aussitôt, comme selon les lois d’un art secret, en harmonie avec elle. Le baron, qui cherchait maintenant à dissimuler l’impression qu’il avait ressentie, mais qui, malgré son indifférence affectée, semblait ne s’éloigner qu’à regret, allait, venait, regardait dans le vague de la façon qu’il pensait mettre le plus en valeur la beauté de ses prunelles, prenait un air fat, négligent, ridicule. Or Jupien, perdant aussitôt l’air humble et bon que je lui avais toujours connu, avait—en symétrie parfaite avec le baron—redressé la tête, donnait à sa taille un port avantageux, posait avec une impertinence grotesque son poing sur la hanche, faisait saillir son derrière, prenait des poses avec la coquetterie qu’aurait pu avoir l’orchidée pour le bourdon providentiellement survenu. (SG 604/6).
(14) Car d’après ce que j’entendis les premiers temps dans celle de Jupien et qui ne furent que des sons inarticulés, je suppose que peu de paroles furent prononcées. Il est vrai que ces sons étaient si violents que, s’ils n’avaient pas été toujours repris un octave plus haut par une plainte parallèle, j’aurais pu croire qu’une personne en égorgeait une autre à côté de moi et qu’ensuite le meurtrier et sa victime ressuscitée prenaient un bain pour effacer les traces du crime. J’en conclus plus tard qu’il y a une chose aussi bruyante que la souffrance, c’est le plaisir, surtout quand s’y ajoutent—à défaut de la peur d’avoir des enfants, ce qui ne pouvait être le cas ici, malgré l’exemple peu probant de la Légende dorée—des soucis immédiats de propreté. Enfin au bout d’une demi-heure environ (pendant laquelle je m’étais hissé à pas de loup sur mon échelle afin de voir par le vasistas que je n’ouvris pas), une conversation s’engagea. Jupien refusait avec force l’argent que M. de Charlus voulait lui donner. (SG 609/11).
(15) Dès le début de cette scène, une révolution, pour mes yeux dessillés, s’était opérée en M. de Charlus, aussi complète, aussi immédiate que s’il avait été touché par une baguette magique. Jusque-là, parce que je n’avais pas compris, je n’avais pas vu. Le vice (on parle ainsi pour la commodité du langage), le vice de chacun l’accompagne à la façon de ce génie qui était invisible pour les hommes tant qu’ils ignoraient sa présence. La bonté, la fourberie, le nom, les relations mondaines, ne se laissent pas découvrir, et on les porte cachés. Ulysse lui-même ne reconnaissait pas d’abord Athéné. Mais les dieux sont immédiatement perceptibles aux dieux, le semblable aussi vite au semblable, ainsi encore l’avait été M. de Charlus à Jupien. Jusqu’ici je m’étais trouvé, en face de M. de Charlus, de la même façon qu’un homme distrait, lequel, devant une femme enceinte dont il n’a pas remarqué la taille alourdie, s’obstine, tandis qu’elle lui répète en souriant : « Oui, je suis un peu fatiguée en ce moment », à lui demander indiscrètement : « Qu’avez-vous donc «  » Mais que quelqu’un lui dise : « Elle est grosse », soudain il aperçoit le ventre et ne verra plus que lui. C’est la raison qui ouvre les yeux ; une erreur dissipée nous donne un sens de plus. (SG 613/15).
(16) A partir de ce jour, M. de Charlus devait changer l’heure de ses visites à Mme de Villeparisis, non qu’il ne pût voir Jupien ailleurs et plus commodément, mais parce qu’aussi bien qu’ils l’étaient pour moi, le soleil de l’après-midi et les fleurs de l’arbuste étaient sans doute liés à son souvenir. D’ailleurs, il ne se contenta pas de recommander les Jupien à Mme de Villeparisis , à la duchesse de Guermantes, à toute une brillante clientèle, qui fut d’autant plus assidue auprès de la jeune brodeuse que les quelques dames qui avaient résisté ou seulement tardé furent de la part du baron l’objet de terribles représailles, soit afin qu’elles servissent d’exemple, soit parce qu’elles avaient éveillé sa fureur et s’étaient dressées contre ses entreprises de domination ; il rendit la place de Jupien de plus en plus lucrative jusqu’à ce qu’il le prît définitivement comme secrétaire et l’établît dans les conditions que nous verrons plus tard. (SG 630/31).
(17) Mme de Surgis n’avait pas un sentiment moral le moins du monde développé, et elle eût admis de ses fils n’importe quoi qu’eût avili et expliqué l’intérêt, qui est compréhensible à tous les hommes. Mais elle leur défendit de continuer à fréquenter M. de Charlus quand elle apprit que, par une sorte d’horlogerie à répétition, il était comme fatalement amené, à chaque visite, à leur pincer le menton et à le leur faire pincer l’un l’autre. (Pris 205/193).
(18) D’ailleurs peu de temps après, elle commença à me parler de M. de Charlus, et presque sans détours. Si elle faisait allusion aux bruits que de rares personnes faisaient courir sur le baron, c’était seulement comme à d’absurdes et infâmes inventions. Mais, d’autre part, elle disait : « Je trouve qu’une femme qui s’éprendrait d’un homme de l’immense valeur de Palamède devrait avoir assez de hauteur de vues, assez de dévouement, pour l’accepter et le comprendre en bloc, tel qu’il est, pour respecter sa liberté, ses fantaisies, pour chercher seulement à lui aplanir les difficultés et à le consoler de ses peines. » (SG 715/113).
(19) Croyez-vous que cet impertinent jeune homme, dit-il en me désignant à Mme de Surgis, vient de me demander, sans le moindre souci qu’on doit avoir de cacher ces sortes de besoins, si j’allais chez Mme de Saint-Euverte, c’est-à-dire, je pense, si j’avais la colique. Je tâcherais en tout cas de m’en soulager dans un endroit plus confortable que chez une personne qui, si j’ai bonne mémoire, célébrait son centenaire quand je commençai à aller dans le monde, c’est-à-dire pas chez elle. Et pourtant, qui plus qu’elle serait intéressante à entendre ? Que de souvenirs historiques, vus et vécus du temps du Premier Empire et de la Restauration, que d’histoires intimes aussi qui n’avaient certainement rien de « Saint », mais devaient être très « Vertes », si l’on en croit la cuisse restée légère de la vénérable gambadeuse. Ce qui m’empêcherait de l’interroger sur ces époques passionnantes, c’est la sensibilité de mon appareil olfactif. La proximité de la dame suffit. Je me dis tout d’un coup : « Oh ! mon Dieu, on a crevé ma fosse d’aisances », c’est simplement la marquise qui, dans quelque but d’invitation, vient d’ouvrir la bouche. Et vous comprenez que si j’avais le malheur d’aller chez elle, la fosse d’aisances se multiplierait en un formidable tonneau de vidange. Elle porte pourtant un nom mystique qui me fait toujours penser avec jubilation, quoiqu’elle ait passé depuis longtemps la date de son jubilé, à ce stupide vers dit « déliquescent » : « Ah ! verte, combien verte était mon âme ce jour-là… » Mais il me faut une plus propre verdure. On me dit que l’infatigable marcheuse donne des « garden-parties », moi j’appellerais ça « des invites à se promener dans les égouts ». (SG 700/99).
(20) Tout d’un coup je vis M. de Charlus fondre sur nous. Mon retard l’avait évidemment impatienté. « Je désirerais entendre ce soir un peu de musique, dit-il à Morel sans aucune entrée en matière, je donne 500 francs pour la soirée, cela pourrait peut-être avoir quelque intérêt pour un de vos amis, si vous en avez dans la musique. » J’avais beau connaître l’insolence de M. de Charlus, je fus stupéfait qu’il ne dît même pas bonjour à son jeune ami. (SG 861/255).
(21) Le sculpteur fut très étonné d’apprendre que les Verdurin consentaient à recevoir M. de Charlus. Alors que dans le faubourg Saint–Germain, où M. de Charlus était si connu, on ne parlait jamais de ses moeurs (ignorées du plus grand nombre, objet de doute pour d’autres, qui croyaient plutôt à des amitiés exaltées, mais platoniques, à des imprudences, et enfin soigneusement dissimulées par les seuls renseignés, qui haussaient les épaules quand quelque malveillante Gallardon risquait une insinuation), ces moeurs, connues à peine de quelques intimes, étaient au contraire journellement décriées loin du milieu où il vivait, comme certains coups de canon qu’on n’entend qu’après l’interférence d’une zone silencieuse. (SG 902/294).
(22) … »Est-ce que vous y avez rencontré le duc de Guermantes « —Ah ! je ne me rappelle pas.—Ah ! dit Mme Verdurin, vous ne connaissez pas le duc de Guermantes ?—Mais comment est-ce que je ne le connaîtrais pas ?, répondit M. de Charlus, dont un sourire fit onduler la bouche. Ce sourire était ironique ; mais comme le baron craignait de laisser voir une dent en or, il le brisa sous un reflux de ses lèvres, de sorte que la sinuosité qui en résulta fut celle d’un sourire de bienveillance : « Pourquoi dites-vous : Comment est-ce que je ne le connaîtrais pas « —Mais puisque c’est mon frère », dit négligemment M. de Charlus en laissant Mme Verdurin plongée dans la stupéfaction et l’incertitude de savoir si son invité se moquait d’elle, était un enfant naturel, ou le fils d’un autre lit. (SG 968/358).
(23) Au nombre des habitués de Mme Verdurin, et le plus fidèle de tous, comptait maintenant, depuis plusieurs mois, M. de Charlus. Régulièrement, trois fois par semaine, les voyageurs qui stationnaient dans les salles d’attente ou sur le quai de Doncières-Ouest voyaient passer ce gros homme aux cheveux gris, aux moustaches noires, les lèvres rougies d’un fard qui se remarque moins à la fin de la saison que l’été, où le grand jour le rendait plus cru et la chaleur à demi liquide. Tout en se dirigeant vers le petit chemin de fer, il ne pouvait s’empêcher (seulement par habitude de connaisseur, puisque maintenant il avait un sentiment qui le rendait chaste ou du moins, la plupart du temps, fidèle) de jeter sur les hommes de peine, les militaires, les jeunes gens en costume de tennis, un regard furtif, à la fois inquisitorial et timoré, après lequel il baissait aussitôt ses paupières sur ses yeux presque clos avec l’onction d’un ecclésiastique en train de dire son chapelet, avec la réserve d’une épouse vouée à son unique amour ou d’une jeune fille bien élevée. (SG 1037/425).
(24) De même Mme Verdurin, semblant toujours avoir l’air d’admettre entièrement les motifs mi-artistiques, mi-humanitaires, que M. de Charlus lui donnait de l’intérêt qu’il portait à Morel, ne cessait de remercier avec émotion le baron des bontés touchantes, disait-elle, qu’il avait pour le violoniste. Or quel étonnement aurait eu M. de Charlus si, un jour que Morel et lui étaient en retard et n’étaient pas venus par le chemin de fer, il avait entendu la Patronne dire : « Nous n’attendons plus que ces demoiselles ! » (SG 1043/431).
(25) Une fois ce ne fut ni l’un ni l’autre, mais le prince de Guermantes qui, venu passer quelques jours sur cette côte pour rendre visite à la duchesse de Luxembourg, rencontra le musicien, sans savoir qui il était, sans être davantage connu de lui, et lui offrit cinquante francs pour passer la nuit ensemble dans la maison de femmes de Maineville ; double plaisir, pour Morel, du gain reçu de M. de Guermantes et de la volupté d’être entouré de femmes dont les seins bruns se montraient à découvert. Je ne sais comment M. de Charlus eut l’idée de ce qui s’était passé et de l’endroit, mais non du séducteur. Fou de jalousie, et pour connaître celui-ci, il télégraphia à Jupien, qui arriva deux jours après, et quand, au commencement de la semaine suivante, Morel annonça qu’il serait encore absent, le baron demanda à Jupien s’il se chargerait d’acheter la patronne de l’établissement et d’obtenir qu’on les cachât, lui et Jupien, pour assister à la scène. (SG 1079/464).
(26) Parmi les raisons qui rendaient M. de Charlus heureux du mariage des deux jeunes gens il y avait celle-ci, que la nièce de Jupien serait en quelque sorte une extension de la personnalité de Morel et par là du pouvoir à la fois et de la connaissance que le baron avait de lui. « Tromper « , dans le sens conjugal, la future femme du violoniste, M. de Charlus n’eût même pas songé une seconde à en éprouver du scrupule. Mais avoir un « jeune ménage  » à guider, se sentir le protecteur redouté et tout-puissant de la femme de Morel, laquelle, considérant le baron comme un dieu, prouverait par là que le cher Morel lui avait inculqué cette idée, et contiendrait ainsi quelque chose de Morel, firent varier le genre de domination de M. de Charlus et naître en sa « chose « , Morel, un être de plus, l’époux, c’est-à-dire lui donnèrent quelque chose de plus, de nouveau, de curieux à aimer en lui. (Pris 50/43).
(27) Celui-ci, pénétré de l’honneur qu’il faisait à la Patronne en amenant quai Conti des gens qui, en effet, n’y seraient pas venus pour elle, avait, dès les premiers noms que Mme Verdurin avait proposés comme ceux de personnes qu’on pourrait inviter, prononcé la plus catégorique exclusive, sur un ton péremptoire où se mêlait à l’orgueil rancunier du grand seigneur quinteux, le dogmatisme de l’artiste expert en matière de fêtes et qui retirerait sa pièce et refuserait son concours plutôt que de condescendre à des concessions qui, selon lui, compromettraient le résultat d’ensemble. (Pris 230/219).
(28) Personne n’eût plus pensé à se faire présenter à Mme Verdurin qu’à l’ouvreuse d’un théâtre où une grande dame a, pour un soir, amené toute l’aristocratie.(Pris 266). Et M. de Charlus ne se contentait même pas d’omettre dans la conversation Mme Verdurin et de parler de sujets de toute sorte qu’il semblait avoir plaisir à développer et varier, pour le cruel plaisir, qui avait toujours été le sien, de faire rester indéfiniment sur leurs jambes à « faire la queue  » les amis qui attendaient avec une épuisante patience que leur tour fût venu ; il faisait même des critiques sur toute la partie de la soirée dont Mme Verdurin était responsable.. (Pris 268/255).
Insérer un texte sur la disgrâce de Charlus chez lez Verdurin, l’intervention de la Reine de Naples. Sa pneumonie.
(29) …Il [Saint-Loup] avait beau ne pas s’entendre avec son oncle sur la guerre, s’étant rangé dans cette fraction de l’aristocratie qui faisait passer la France avant tout, tandis que M. de Charlus était au fond défaitiste,…(TR 761/67).
(30) « Voyez-vous, me dit-il [Charlus], le superbe gaillard qu’est le soldat boche est un être fort, sain, ne pensant qu’à la grandeur de son pays, « Deutschland uber alles », ce qui n’est pas si bête et tandis qu’ils se préparent virilement, nous nous sommes abîmés dans le dilettantisme.  » (TR 808/115).
(31) Je savais du reste qu’en rentrant chez lui, M. de Charlus ne cessait pas pour cela d’être au milieu des soldats car il avait transformé son hôtel en hôpital militaire, cédant du reste, je le crois, aux besoins bien moins de son imagination que de son bon cœur.  (TR 808/115).
(32)
Alors je m’aperçus qu’il y avait dans cette chambre un oeil de bœuf latéral dont on avait oublié de tirer le rideau  ; cheminant à pas de loup dans l’ombre, je me glissai jusqu’à cet oeil de bœuf, et là enchaîné sur un lit comme Prométhée sur son rocher, recevant les coups d’un martinet en effet planté de clous que lui infligeaient Maurice, je vis, déjà tout en sang, et couvert d’ecchymoses qui prouvaient que le supplice n’avait pas lieu pour la première fois, je vis devant moi M. de Charlus (TR 815/122).
L’insistance de M. de Charlus à demander qu’on lui passât aux pieds et aux mains des anneaux d’une solidité éprouvée, à réclamer la barre de justice, et à ce que me dit Jupien des accessoires féroces qu’on avait la plus grande peine à se procurer même en s’adressant à des matelots, car ils servaient à infliger des supplices dont l’usage est aboli même là où la discipline est la plus rigoureuse, à bord des navires, au fond de tout cela il y avait chez M. de Charlus tout son rêve de virilité, attestée au besoin par des actes brutaux, et toute l’enluminure intérieure, invisible pour nous, mais dont il projetait ainsi quelques reflets, de croix de justice, de tortures féodales, que décorait son imagination moyen-âgeuse. (TR 840/146).
(33) Inversement, Jupien sentait que ce n’était pas encore assez de présenter à M. de Charlus un garçon laitier. Il lui murmurait en clignant de l’œil : il est garçon laitier mais au fond c’est surtout un des plus dangereux apaches de Belleville (il fallait voir le ton grivois dont Jupien disait « apache »). Et comme si ces références ne suffisaient pas, il tâchait d’ajouter quelques « citations ». Il a été condamné plusieurs fois pour vol et cambriolage de villas, il a été à Fresnes pour s’être battu (même air grivois) avec des passants qu’il a à moitié estropiés et il a été au bat. d’Af. Il a tué son sergent. (TR 817/123).
(34) Mais quand je fus arrivé à comprendre ces paroles susurrées, je m’aperçus que le malade gardait absolument intacte son intelligence. (TR 861/168).

 

 

 

 

A compléter : La menace de mort sur Morel (TR 806)


 

7 réflexions au sujet de « Charlus »

  1. Il me semble que c’est pendant la guerre de 14, et non celle de 70, que Charlus montre de la germanophilie et un certain défaitisme (p. 101 et suivantes du Temps retrouvé).

  2. Merci! Je suis en train de lire ‘A la Recherche du Temps Perdu’ en francais – tache extremement exigeante pour moi parce que je suis anglaise (ce qui explique le manque d’accents et les erreurs). J’adore lire Proust et je suis bouleversee par son ecriture et etonnee que je le trouve si amusant (ce dernier point-ci a ete une veritable revelation). Cependant, de temps en temps je me trouve a une impasse et c’etait pendant un de ces moments que j’ai trouve votre site. Je lis souvent ce que vous avez ecrit ici et je voulais tout simplement vous remercier pour avoir partage vos pensees, analyses et recherches car sans elles j’aurais abandonne mon projet de lire ‘A la Recherche’. Donc, merci, je suis vraiment reconnaissante.

    • Votre gentil commentaire m’a fait un grand plaisir. Bravo pour votre connaissance de la langue française et bon courage pour la poursuite de votre lecture.

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