Fernand Gregh

Fernand Gregh, livre de souvenirs : l’âge d’or

Il sentait cette beauté. Il s’attardait alors à flâner voluptueusement les soirs d’été, en allant dans le monde, un léger pardessus entrouvert sur son plastron d’habit, une fleur à la boutonnière – les fleurs à la mode étaient, dans ce temps-là, des camélias blancs ; Il jouissait de sa grâce adolescente reflétée dans les yeux des passants avec un peu de fatuité juvénile et un rien de cette « conscience « dans le mal » qu’il possédait déjà à dix-huit ans et qui a été sa Muse. Il exagérait parfois cette grâce en minauderies, et toujours spirituelles, comme il exagérait parfois son amabilité en flatteries, mais toujours intelligente ; et nous avions même créé entre nous le verbe proustifier, pour exprimer une attitude un peu trop consciente de gentillesse, avec ce que le peuple eût appelé des « chichis » interminables et délicieux… »

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