Maurice Genevoix

Dans le numéro 640 de la NRF, Michel Crépu dresse un portrait de Maurice Genevoix et rappelle à cette occasion l’étonnante visite que celui-ci rendit à Marcel Proust vers la fin de sa vie.
 
« Une porte qui s’ouvre sur une femme pâle et lasse dont la blondeur grisonne, d’étranges épaisseurs de silence engourdies aux plis de tentures, une odeur de créasote, de poudre de Dover qui brûle…
Monsieur Proust est très malade. Il regrette. Il ne peut recevoir.
Une autre porte, en face, est restée entrouverte, qui vaguement bouge, s’entrebâille à demi. Et par l’entrebâillement, droit dans l’axe de mon regard, entre deux zones d’ombres impénétrables, une apparition saisissante semble s’avancer vers moi. D’où vient la clarté qui l’éclaire ? De quel mystérieux foyer ? Soulevé sur son séant par un amoncellement d’oreillers, immobile, les yeux fixes, dilatés par l’angoisse d’une respiration impossible…»
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