Heureuses associations

d’après Agranska Krolik
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Annie Raout, adepte de Marcel Proust, publie depuis quelque temps, sur le Net, de courts extraits d’ « A la Recherche du temps perdu », chacun d’eux associé à un tableau ou, plus rarement, à un objet d’art. 
Séduits par cette initiative, nous l’avons contactée pour lui proposer de publier ses « billets » sur ce site, ce qu’elle a accepté.
Les voici donc rassemblés dans cette rubrique « Heureuses associations », appellation particulièrement bien choisie puisque, comme les visiteurs pourront le vérifier par eux mêmes,  les rapprochements entre textes et tableaux sont toujours étonnants. 
De plus, gageons qu’ils permettront à certains visiteurs de découvrir des œuvres parfois méconnues, mais toujours d’une grande qualité, tout en appréciant le plaisir renouvelé de lire de courts extraits de « La Recherche »
Merci Annie Raout pour votre collaboration.
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Chaque extrait fait l’objet d’une page distincte. Les numéros en bas de chacune permettent de feuilleter.

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Et la compagnie que tous ces nobles parents lui servaient à intéresser, à éblouir, à enchaîner, la compagnie des Cottard, des Bloch, des auteurs dramatiques notoires, historiens de la Fronde de tout genre, c’était dans celle-là que pour Mme de Villeparisis – à défaut de la partie du monde élégant qui n’allait pas chez elle – étaient le mouvement, la nouveauté, les divertissements et la vie ; c’étaient ces gens-là dont elle pouvait tirer des avantages sociaux (qui valaient bien qu’elle leur fît rencontrer quelquefois, sans qu’ils la connussent jamais, la duchesse de Guermantes) : des dîners avec des hommes remarquables dont les travaux l’avaient intéressée, un opéra-comique ou une pantomime toute montée que l’auteur faisait représenter chez elle, des loges pour des spectacles curieux. Bloch se leva pour partir. Il avait dit tout haut que l’incident du vase de fleurs renversé n’avait aucune importance, mais ce qu’il disait tout bas était différent, plus différent encore ce qu’il pensait : « Quand on n’a pas des domestiques assez bien stylés pour savoir placer un vase sans risquer de tremper et même de blesser les visiteurs, on ne se mêle pas d’avoir de ces luxes-là », grommelait-il tout bas.
(Le Côté de Guermantes)

ENDE MENES LA GRANDE PANTOMIME 1943- 1944