Guermantes (Princesse Marie-Gilbert ou Marie-Hedwige de)

Guermantes princesse 2

Nombre de citations du personnage dans chacun des sept livres de la Recherche

Total

Swann

JF

Guer

SG

Pris

Fug

TR

54

13

17

2

5

17*

Elle est née duchesse de Bavière et est l’épouse et est l’épouse du prince de Guermantes, cousin de Basin de Guermantes

Au court d’un gala à l’Opéra de Paris, le narrateur a l’occasion d’observer le beau monde qui est venu assister au spectacle et il est tout particulièrement frappé par la beauté de la Princesse (1).

Le narrateur reçoit un jour une invitation pour une soirée chez le prince et la princesse. Cette invitation le remplit de fierté mais le surprend tellement qu’ il se demande s’il ne s’agit pas là d’une erreur ou alors d’une méchante farce aussi se rend-il à la réception avec beaucoup de crainte mais il est vite rassuré et peut observer avec intérêt les personnes présentes parmi lesquelles son hôtesse d’une grande beauté (2). En l’observant attentivement le narrateur devine qu’elle éprouve un sentiment amoureux pour Charlus (3) qui est ennuyé par la passion que lui témoigne la princesse mais n’en est pas moins flatté (4).

Le Prince de Guermantes, jusque-là farouche antidreyfusard est pris de doute sur la culpabilité de Dreyfus. En cachette de sa femme, également antidreyfusarde, il confie son trouble à son ami l’abbé Poiré (5) qui après quelques invitations lui avoue que sa femme a eu elle aussi les mêmes doutes que lui et est arrivée elle aussi à la conclusion que Dreyfus est innocent (6).

*****

* Dans le Temps retrouvé, Le prince de Guermantes veuf de Marie-Gilbert a épousé Mme Verdurin. Les 17 citations relevées dans cette partie de l’œuvre concernent donc cette dernière qui, par ce mariage, est devenue la nouvelle princesse de Guermantes.

(1) Si alors passait la princesse de Guermantes, belle et légère comme Diane, laissant traîner derrière elle un manteau incomparable, faisant se détourner toutes les têtes et suivie par tous les yeux (par ceux de Mme de Cambremer plus que par tous les autres),…(Guer 56/49).
(2) Je faisais la queue derrière quelques invités arrivés plus tôt que moi. J’avais en face de moi la princesse, de laquelle la beauté ne me fait pas seule sans doute, entre tant d’autres, souvenir de cette fête-là. Mais ce visage de la maîtresse de maison était si parfait, était frappé comme une si belle médaille, qu’il a gardé pour moi une vertu commémorative. (SG 636).L’huissier me demanda mon nom, je le lui dis aussi machinalement que le condamné à mort se laisse attacher au billot. Il leva aussitôt majestueusement la tête et, avant que j’eusse pu le prier de m’annoncer à mi-voix pour ménager mon amour-propre si je n’étais pas invité, et celui de la princesse de Guermantes si je l’étais, il hurla les syllabes inquiétantes avec une force capable d’ébranler la voûte de l’hôtel. (SG 637/36).
(3)

Et une fois, ayant dit devant elle que M. de Charlus avait en ce moment un assez vif sentiment pour une certaine personne, je vis avec étonnement s’insérer dans les yeux de la Princesse ce trait différent et momentané qui trace dans les prunelles comme le sillon d’une fêlure et qui provient d’une pensée que nos paroles, à leur insu, ont agitée en l’être à qui nous parlons, pensée secrète qui ne se traduira pas par des mots, mais qui montera, des profondeurs remuées par nous, à la surface un instant altérée du regard. Mais si mes paroles avaient ému la Princesse, je n’avais pas soupçonné de quelle façon.. (SG 714/112).

(4)

Aussi, tandis que le commun des hommes cherche à la dissimuler tout en l’éprouvant, l’inverti la fait implacablement sentir à celui qui la provoque, comme il ne le ferait certainement pas sentir à une femme, M. de Charlus, par exemple, à la princesse de Guermantes dont la passion l’ennuyait, mais le flattait. (SG 919/311).

(5)

« Je m’ouvris de mes souffrances morales à notre ami, l’abbé Poiré, chez qui je rencontrai avec étonnement la même conviction, et je fis dire par lui des messes à l’intention de Dreyfus, de sa malheureuse femme et de ses enfants. » (SG 709/107).

(6)

« …j’ai une autre messe qu’on m’a chargé de dire également ce matin pour lui.—Comment, lui dis-je, il y a un autre catholique que moi qui est convaincu de son innocence « —Il faut le croire.—Mais la conviction de cet autre partisan doit être moins ancienne que la mienne.—Pourtant, ce partisan me faisait déjà dire des messes quand vous croyiez encore Dreyfus coupable.—Ah ! je vois bien que ce n’est pas quelqu’un de notre milieu.—Au contraire !—Vraiment, il y a parmi nous des dreyfusistes  » Vous m’intriguez ; j’aimerais m’épancher avec lui, si je le connais, cet oiseau rare.—Vous le connaissez.—Il s’appelle ?—La princesse de Guermantes ? » (SG 711/109).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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