Guermantes (Gilbert Prince de)

Guermantes princePrince de Guermantes d’après Patrick Alexander

Nombre de citations du personnage dans chacun des sept livres de la Recherche

Total

Swann

JF

Guer

SG

Pris

Fug

TR

58

   

23

13

3

8

11

Cousin du duc de Guermantes, il est obsédé par son rang et sa naissance ce qui lui vaut les railleries de sa famille (1).

Il  a la réputation d’être antisémite et a toujours été farouchement antidreyfusard. Pourtant, soudain il est pris de doute sur la culpabilité de Dreyfus. En cachette de sa femme, également antidreyfusarde, il confie son trouble à son ami l’abbé Poiré (2). Quelle n’est pas sa surprise d’entendre, après quelques hésitations, l’abbé lui répondre que sa femme a eu elle aussi les mêmes doutes que lui et est arrivée, elle aussi, à la conclusion que Dreyfus est innocent (3).

On découvre, dans Sodome et Gomorrhe que le prince est homosexuel. A l’occasion d’un déplacement en Normandie, il va passer une nuit avec Morel sans savoir d’ailleurs qui il est (4)

Le prince veuf de sa femme  Marie-Gilbert épousera Mme Verdurin elle-même devenue veuve (5).

(1)
Les Guermantes n’étaient pas moins spéciaux au point de vue intellectuel qu’au point de vue physique. Sauf le prince Gilbert (l’époux aux idées surannées de « Marie Gilbert » et qui faisait asseoir sa femme à gauche quand ils se promenaient en voiture parce qu’elle était de moins bon sang, pourtant royal, que lui), mais il était une exception et faisait, absent, l’objet des railleries de la famille et d’anecdotes toujours nouvelles, les Guermantes, tout en vivant dans le pur « gratin » de l’aristocratie, affectaient de ne faire aucun cas de la noblesse (Guer 439/426).
(2)
« Je m’ouvris de mes souffrances morales à notre ami, l’abbé Poiré, chez qui je rencontrai avec étonnement la même conviction, et je fis dire par lui des messes à l’intention de Dreyfus, de sa malheureuse femme et de ses enfants. » (SG 709/107).
(3)
« …j’ai une autre messe qu’on m’a chargé de dire également ce matin pour lui.— Comment, lui dis-je, il y a un autre catholique que moi qui est convaincu de son innocence « —Il faut le croire.—Mais la conviction de cet autre partisan doit être moins ancienne que la mienne.—Pourtant, ce partisan me faisait déjà dire des messes quand vous croyiez encore Dreyfus coupable.—Ah ! je vois bien que ce n’est pas quelqu’un de notre milieu.—Au contraire !—Vraiment, il y a parmi nous des dreyfusistes  » Vous m’intriguez ; j’aimerais m’épancher avec lui, si je le connais, cet oiseau rare.—Vous le connaissez.—Il s’appelle ?—La princesse de Guermantes ? » (SG 711/109).
(4)
Une fois ce ne fut ni l’un ni l’autre, mais le prince de Guermantes qui, venu passer quelques jours sur cette côte pour rendre visite à la duchesse de Luxembourg, rencontra le musicien, sans savoir qui il était, sans être davantage connu de lui, et lui offrit cinquante francs pour passer la nuit ensemble dans la maison de femmes de Maineville ; double plaisir, pour Morel, du gain reçu de M. de Guermantes et de la volupté d’être entouré de femmes dont les seins bruns se montraient à découvert (SG 1078/464).
(5)

En effet, Mme Verdurin, peu après la mort de son mari avait épousé le vieux duc de Duras, ruiné, qui l’avait faite cousine du prince de Guermantes, et était mort après deux ans de mariage. Il avait été pour Mme Verdurin une transition fort utile et maintenant celle-ci par un troisième mariage était Princesse de Guermantes et avait dans le faubourg Saint-Germain une grande situation qui eût fort étonné à Combray où les dames de la rue de l’Oiseau, la fille de Mme Goupil et la belle fille Mme de Sazerat, toutes ces dernières années, avant que Mme Verdurin ne fût Princesse de Guermantes, avaient dit en ricanant : « la Duchesse de Duras« , comme si c’eût été un rôle que Mme Verdurin eût tenu au théâtre (TR 955/261).

 

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