Vinteuil (Mademoiselle)

Vinteuil Mlle - R

Nombre de citations du personnage dans chacun des sept livres de la Recherche

Total

Swann

JF

Guer

SG

Pris

Fug

TR

129

23

1

 

20

60

24

1

Modèle possible : Juliette Joinville d’Artois, jeune fille enterrée dans les environs d’Illiers.

Elle est la fille de M. Vinteuil, professeur de piano et compositeur ; Bien que d’allure robuste et garçonnière, son père la traite comme une enfant fragile (1). Elle vit chez son père, à Montjouvain, près de Combray, avec une jeune fille [amie de Mlle Vinteuil] avec laquelle elle a des relations homosexuelles ce qui scandalise la bourgeoisie de Combray et désespère son père (2).

Un jour que le narrateur se promène près de la mare de Montjouvain, il surprend les jeunes filles en train de s’embrasser. Il découvre l’homosexualité féminine (3) et est troublé par ce qu’il voit et surtout  choqué par la conversation qu’il surprend. En effet les jeunes filles s’apprêtent à cracher sur le portrait de M. Vinteuil mort depuis peu  (4).

Plus tard, le narrateur qui a des doutes sur les mœurs d’Albertine la soupçonne d’avoir eu des relations coupables avec Mlle de Vinteuil et n’a de cesse que de lui faire avouer les faits mais elle persiste à nier la chose tout en laissant planer un doute dans l’esprit du narrateur (5).

(1)
Sa seule passion était pour sa fille et celle-ci qui avait l’air d’un garçon paraissait si robuste qu’on ne pouvait s’empêcher de sourire en voyant les précautions que son père prenait pour elle, ayant toujours des châles supplémentaires à lui jeter sur les épaules. Ma grand’mère faisait remarquer quelle expression douce délicate, presque timide passait souvent dans les regards de cette enfant si rude, dont le visage était semé de taches de son. (Swann 113/186).
(2)
C’est du côté de Méséglise, à Montjouvain, maison située au bord d’une grande mare et adossée à un talus buissonneux que demeurait M. Vinteuil. Aussi croisait-on souvent sur la route sa fille, conduisant un buggy à toute allure. A partir d’une certaine année on ne la rencontra plus seule, mais avec une amie plus âgée, qui avait mauvaise réputation dans le pays et qui un jour s’installa définitivement à Montjouvain. On disait : « Faut-il que ce pauvre M. Vinteuil soit aveuglé par la tendresse pour ne pas s’apercevoir de ce qu’on raconte, et permettre à sa fille, lui qui se scandalise d’une parole déplacée, de faire vivre sous son toit une femme pareille. (Swann 147/227).
(3)

Il faisait presque nuit quand je m’éveillai, je voulus me lever, mais je vis Mlle Vinteuil (autant que je pus la reconnaître, car je ne l’avais pas vue souvent à Combray, et seulement quand elle était encore une enfant, tandis qu’elle commençait d’être une jeune fille) qui probablement venait de rentrer, en face de moi, à quelques centimètres de moi, dans cette chambre où son père avait reçu le mien et dont elle avait fait son petit salon à elle. La fenêtre était entr’ouverte, la lampe était allumée, je voyais tous ses mouvements sans qu’elle me vît, mais en m’en allant j’aurais fait craquer les buissons, elle m’aurait entendu et elle aurait pu croire que je m’étais caché là pour l’épier… (Swann 159/243).

(4)
Au fond du salon de Mlle Vinteuil, sur la cheminée était posé un petit portrait de son père que vivement elle alla chercher… « Oh ! ce portrait de mon père qui nous regarde, je ne sais pas qui a pu le mettre là, j’ai pourtant dit vingt fois que ce n’était pas sa place. »…Je me souvins que c’étaient les mots que M. Vinteuil avait dits à mon père à propos du morceau de musique. Ce portrait leur servait sans doute habituellement pour des profanations rituelles, car son amie lui répondit par ces paroles qui devaient faire partie de ses réponses liturgiques… « Sais-tu ce que j’ai envie de lui faire à cette vieille horreur ? » dit-elle en prenant le portrait.
Et elle murmura à l’oreille de Mlle Vinteuil quelque chose que je ne pus entendre.
— »Oh ! tu n’oserais pas. »
— »Je n’oserais pas cracher dessus ? sur ça ? » dit l’amie avec une brutalité voulue.
Je n’en entendis pas davantage, car Mlle Vinteuil, d’un air las, gauche, affairé, honnête et triste, vint fermer les volets et la fenêtre… (Swann 162/244).
(5)

Ainsi, tenez, vous saviez que Mlle Vinteuil devait venir chez Mme Verdurin, cet après-midi, quand vous êtes allée au Trocadéro.  » Elle rougit : « Oui, je le savais. – Pouvez-vous me jurer que ce n’était pas pour ravoir des relations avec elle que vous vouliez aller chez les Verdurin ? – Mais bien sûr que je peux vous le jurer. Pourquoi « ravoir « , je n’en ai jamais eu, je vous le jure.  » J’étais navré d’entendre Albertine me mentir ainsi, me nier l’évidence que sa rougeur m’avait trop avouée. (Pris 335/322).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une réflexion au sujet de « Vinteuil (Mademoiselle) »

  1. site formidable ! je ne me souvenais plus qui était cette mlle.Vinteuil et cette page vient de me replonger avec précision dans le premier tome d’À la recherche (…) qui fût lu il y a bien longtemps. Merci beaucoup

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