Stermaria (Mlle de)

Stermaria MlleMlle de Stermaria d’après David Richardson

Nombre de citations du personnage dans chacun des sept livres de la Recherche

Total

Swann

JF

Guer

SG

Pris

Fug

TR

57

 

7

37

5

 

7

1

Mlle de Stermaria puis vicomtesse Alix de Stermaria. Elle est la fille d’un hobereau appartenant à une vieille famille bretonne.

Le narrateur la voit pour la première fois au restaurant du Grand-hôtel de Balbec alors qu’elle vient y déjeuner avec son père et Il est vivement impressionné par sa grâce et sa beauté (1).

Le souvenir de la jeune femme restera gravé dans son esprit. Plus tard, à Paris, le narrateur apprend par son ami Robert de Saint-Loup que madame de Stermaria (elle s’est mariée puis a divorcé) sera de passage à Paris. Il s’enflamme à nouveau au souvenir de la jeune fille qu’il a connue à Balbec et lui envoie aussitôt une invitation à dîner, ce qu’elle accepte (2). Dans l’attente de ce rendez-vous le narrateur passe par des périodes d’euphorie puis de doute (3). Finalement au tout dernier moment elle annule le rendez-vous (4). Le narrateur ne la reverra jamais et il pensera souvent à cette rencontre manquée.
 (1)
La « race » en ajoutant aux charmes de Mlle de Stermaria l’idée de leur cause les rendait plus intelligibles, plus complets. Elle les faisait aussi plus désirables, annonçant qu’ils étaient peu accessibles, comme un prix élevé ajoute à la valeur d’un objet qui nous a plu. Et la tige héréditaire donnait à ce teint composé de sucs choisis la saveur d’un fruit exotique ou d’un cru célèbre (JF 684/252).
(2)
Françoise m’apporta une lettre qui me remplit de joie, car elle était de Mme de Stermaria, laquelle acceptait à dîner. De Mme de Stermaria, c’est-à-dire, pour moi, plus que de la Mme de Stermaria réelle, de celle à qui j’avais pensé toute la journée avant l’arrivée d’Albertine. C’est la terrible tromperie de l’amour qu’il commence par nous faire jouer avec une femme non du monde extérieur, mais avec une poupée intérieure à notre cerveau, la seule d’ailleurs que nous ayons toujours à notre disposition, la seule que nous posséderons, que l’arbitraire du souvenir, presque aussi absolu que celui de l’imagination, peut avoir fait aussi différente de la femme réelle que du Balbec réel avait été pour moi le Balbec rêvé; création factice à laquelle peu à peu, pour notre souffrance, nous forcerons la femme réelle à ressembler (Guer 370/359).
(3)
Ce qu’il me fallait, c’était posséder Mme de Stermaria, car depuis plusieurs jours, avec une activité incessante, mes désirs avaient préparé ce plaisir-là, dans mon imagination, et ce plaisir seul, un autre (le plaisir avec une autre) n’eût pas, lui, été prêt, le plaisir n’étant que la réalisation d’une envie préalable et qui n’est pas toujours la même, qui change selon les mille combinaisons de la rêverie, les hasards du souvenir, l’état du tempérament, l’ordre de disponibilité des désirs dont les derniers exaucés se reposent jusqu’à ce qu’ait été un peu oubliée la déception de l’accomplissement… (Guer 383/372).
(4)

Sur la carte : Vicomtesse Alix de Stermaria, mon invitée avait écrit : « Je suis désolée, un contretemps m’empêche de dîner ce soir avec vous à l’île du Bois. Je m’en faisais une fête. Je vous écrirai plus longuement de Stermaria. Regrets. Amitiés. » Je restai immobile, étourdi par le choc que j’avais reçu. A mes pieds étaient tombées la carte et l’enveloppe, comme la bourre d’une arme à feu quand le coup est parti. Je les ramassai, j’analysai cette phrase  (Guer 391/380).

 

 

 

 

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