Du côté de chez Swann

Dans la première partie de ce livre, Combray, le narrateur évoque les séjours passés dans la maison de tante Léonie alors qu’il était enfant. Il se souvient avec nostalgie du baiser du soir de sa mère, baiser tant attendu, mais parfois retardé par un invité, souvent M. Swann. Il nous fait connaître des personnes de son entourage, sa tante Léonie, malade gardant toujours la chambre, sa grand-mère un peu fantasque qui aime se promener sous la pluie, Françoise la fidèle cuisinière, les habitants du village. Il évoque ses goûts pour la lecture, les longues promenades avec ses parents, du côté de chez Swann ou de Guermantes.

La seconde partie, Un amour de Swann, se déroule quelques années avant la naissance du narrateur. Charles Swann, riche collectionneur d’objets d’art va finir par céder aux avances pas tout à fait désintéressées d’Odette de Crécy, demi-mondaine, qui le fera d’ailleurs beaucoup souffrir. On découvre le salon des Verdurin, fréquenté par de nombreux personnages qui figureront tout au long de l’œuvre : Cottard, Saniette, Brichot, Forcheville et bien d’autres. Lassé par les nombreuses infidélités d’Odette, Swann, recouvre enfin sa liberté, s’étonnant d’avoir été amoureux d’une femme qu’il n’a jamais vraiment aimée.

Dans la troisième et dernière partie, Nom de Pays, nous retrouvons le narrateur alors âgé d’une douzaine d’années. Malade, il a dû renoncer à un voyage à Venise auquel il rêvait depuis longtemps. Au cours de ses promenades aux Champs-Elysées avec Françoise, il rencontre Gilberte (la fille d’Odette qui a fini par épouser Charles Swann) qu’il revoit régulièrement, nouant un amour qui semble partagé.

 

Première partie

COMBRAY

Combray, la première partie de « Du côté de chez Swann », se déroule dans la maison de tante Léonie où le narrateur et ses parents passent leurs vacances, en compagnie de la grand-mère maternelle du narrateur ainsi que de deux grands-tantes, Céline et Flora. Adolescent alors âgé d’une douzaine d’années, doué d’une grande sensibilité et d’une imagination débordante, le narrateur essaie chaque soir de repousser l’heure où il devra monter se coucher, pour ne pas avoir à attendre trop longtemps le baiser de sa mère, habitude enfantine qui agace profondément son père.

Ch Proust Combray 2

Chambre du Narrateur à Combray (Photo Marcelita)

Malheureusement, le sacro-saint cérémonial du baiser est bousculé lorsqu’il y a des invités. Swann fait partie de ceux-là et le narrateur redoute sa visite. Charles Swann est un voisin qui possède une propriété près de Combray où il vient passer l’été ; la famille du narrateur considère Swann comme une personne serviable, modeste et discrète, elle ignore qu’en réalité, il s’agit d’un homme excessivement riche, collectionneur d’objets d’art et qui mène une vie mondaine intense, côtoyant à Paris les plus grands noms. Les visites de Swann sont moins fréquentes depuis son mariage, peu apprécié par la famille du narrateur. En effet, sa femme Odette a très mauvaise réputation, et la tante du narrateur ne se prive pas de raconter qu’elle trompe son mari avec le baron de Charlus, un de membres de la famille de Guermantes qui séjourne parfois l’été dans le château du même nom situé près de Combray.

Un soir, alors que Swann est venu dîner à Combray, le père du narrateur ordonne brutalement à son fils d’aller se coucher au prétexte qu’il est tard. Gros chagrin de l’enfant qui, après beaucoup d’hésitation, envoie un billet à sa mère par le biais de Françoise, la cuisinière au service de tante Léonie depuis des années ; mais le narrateur ne peut pas s’endormir, car il prend conscience qu’il a commis une grosse bêtise et que ses parents vont être très fâchés. A la fin de la soirée la mère du narrateur monte dans la chambre de son fils et lui fait part de son vif mécontentement. De manière inattendue, c’est le père qui se montre conciliant et suggère à sa femme de passer la nuit avec l’enfant qui paraît tellement triste. Extrêmement surpris par ce changement d’attitude, le jeune garçon ne se réjouit pas vraiment, car il considère que sa mère, ordinairement courageuse, a fait preuve, en l’occurrence, de faiblesse : « c’est une première ride, un premier cheveu blanc ».

Tante Léonie, cousine du grand-père et grand-tante du narrateur, ne quitte plus sa chambre. Vraie ou fausse malade ? Elle s’imagine avoir quelque chose de « cassé » dans sa tête. Le narrateur lui rend visite chaque matin et lui prépare sa tasse de tilleul. Elle lui fait goûter alors des petits morceaux de madeleine trempés dans le tilleul, et le renvoie bien vite, prétextant qu’il la fatigue. Beaucoup plus tard, alors qu’il mange une madeleine, le narrateur éprouve une étrange sensation qu’il a des difficultés à analyser. Peu à peu, resurgit le souvenir de la madeleine de son enfance, trempée dans le tilleul de tante Léonie et, dans le même temps, il se remémore tout l’environnement,  la chambre, la maison, le village, et même les alentours de Combray.

031ChambreAmiotLa chambre de Tante Léonie à Combray

De son lit installé près de la fenêtre, Léonie surveille les allers et venues des habitants de Combray et les commente à Françoise. Eulalie, une ancienne domestique est avec le curé une des rares personnes dont tante Léonie supporte les visites ; elle lui rapporte les potins de Combray. Le dimanche, le narrateur accompagne ses parents à la messe. A la sortie de l’office on rencontre souvent M. Legrandin, ingénieur parisien propriétaire d’une maison de vacances près de Combray. C’est un bel homme, snob, cultivé, bien considéré par la famille du narrateur même s’il critique avec virulence les aristocrates ce qui ne l’empêche pas de se montrer obséquieux avec les gros propriétaires des environs. En fait, il peine à cacher le profond désir qu’il a de fréquenter cette aristocratie locale qu’il critique tant.

Le narrateur aime beaucoup la lecture et l’écriture et a coutume d’envoyer des lettres et des petits mots à sa mère et à sa grand-mère. Sans grande conviction, il a aussi commencé à écrire un livre. Son ami Bloch, un peu plus âgé, lui fait connaître les œuvres de l’écrivain Bergotte. Au cours d’une visite, Swann lui déclare bien connaître l’écrivain et lui propose de lui faire dédicacer un livre. La vie à Combray se poursuit, calme et heureuse, ponctuée de menus événements rompant la monotonie des jours, tel l’accouchement de la fille de cuisine. Tante Léonie prend toujours régulièrement sa pepsine et continue, de sa chambre, à observer le moindre mouvement dans la rue. Les samedis, on déjeune une heure plus tôt pour permettre à Françoise de se rendre l’après-midi au marché de Roussainville.

Chaque après-midi, lorsque le temps le permet, la famille fait une promenade dans les environs, soit du côté de chez Swann, soit du côté de Guermantes et, à son retour, le narrateur monte dans la chambre de Tante Léonie lui relater en détail la promenade. Tante Léonie incarne l’âme de la maison. Bien que recluse, elle occupe une grande place dans la vie de la famille. Elle espionne Françoise, qu’elle soupçonne, sans y croire vraiment, de la voler. Françoise en est consciente et en souffre. C’est une fille de la campagne, très attachée à sa patronne ainsi qu’à toute la famille, qui fait preuve d’un solide bon sens paysan et peut se montrer très attentionnée et parfois très dure, surtout avec les domestiques. Un été, si toute la famille n’a cessé de manger des asperges, c’est tout simplement parce que Françoise savait que la fille de cuisine était allergique à ce légume et que le simple fait de les préparer (les « plumer ») la rendait malade ! Depuis le mariage de Swann, on évite les abords de sa propriété, de peur d’y rencontrer sa femme. Un après-midi, croyant les Swann absents, la famille va exceptionnellement se promener près de Tansonville. Soudain le narrateur aperçoit une fillette d’un blond roux, le visage semé de taches roses, image qu’il gardera longtemps dans son esprit ; une voix perçante appelle soudain la petite fille : « Gilberte !». Ce doit être sa mère. Celle-ci est accompagnée d’un homme inconnu. Le narrateur entend son grand-père marmonner : « Ce pauvre Swann, quel rôle ils lui font jouer : on le fait partir pour qu’elle reste seule avec Charlus… ». Ainsi le narrateur vient de côtoyer trois personnages majeurs de « la Recherche » : Gilberte, sa mère (Odette Swann) et M. de Charlus.

M. Vinteuil, professeur de piano, habite à Montjouvain, près de Combray. Sa fille vit sous son toit avec une jeune fille plus âgée et cette situation fait beaucoup jaser les habitants de Combray. Homme à principes et très réservé, M. Vinteuil est tellement affecté par cette situation que sa santé en pâtit ; il vieillit de jour en jour et finira par mourir de chagrin.

Léonie n’était peut-être pas la malade imaginaire que l’on croyait. En effet, elle meurt discrètement, assistée par Françoise qui ne la quitte pas durant les quinze jours de son agonie. Les parents  du narrateur vont être fort occupés par la succession de tante Léonie, et livré à lui-même, le jeune garçon découvre soudainement une liberté nouvelle. Se promenant souvent seul avec, parfois, le désir violent d’une femme, il rêve d’en rencontrer une au cours de ses promenades. Réfugié dans le petit cabinet sentant l’iris du haut de la maison, il lui arrive de se livrer à l’onanisme. Un jour, lors d’une promenade solitaire, alors qu’il se repose un instant tout près de la maison de M. Vinteuil mort récemment, il surprend Mlle Vinteuil et son amie qui échangent des propos équivoques et se caressent. C’est ainsi qu’il découvre l’homosexualité féminine.

Les promenades en famille reprennent. Lorsque le temps s’y prête, on entreprend la longue et belle randonnée du côté de Guermantes, le long de la Vivonne dont on admire les nymphéas, puis on goûte au bord de l’eau. Le parcours est si long que les promeneurs n’atteignent jamais la propriété des Guermantes. Le narrateur rêve de rencontrer la duchesse de Guermantes dont il est secrètement amoureux sans jamais l’avoir vue. Un jour pourtant, il l’aperçoit dans l’église de Combray, mais il l’a tellement idéalisée qu’il éprouve de prime abord une certaine déception, à vrai dire très brève car il suffit d’un regard de la duchesse pour que son imagination s’enflamme à nouveau.

Le narrateur s’essaie à l’écriture, trop peu sûr de lui pour que son travail ne subisse pas les aléas de ses doutes quant à ses talents littéraires.  Un jour, au retour d’une longue promenade, alors que le Dr Percepied a fait monter la famille dans sa calèche, le narrateur, séduit par la beauté du paysage, compose un petit texte sur les clochers de Martainville. Heureux du résultat, il ne peut s’empêcher de chanter à tue-tête.

clochers de MartainvilleLes trois clochers de Martainville d’après David Richardson

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Deuxième partie

UN AMOUR DE SWANN

Nous nous retrouvons une quinzaine d’années en arrière (le narrateur n’est pas encore né), quai Conti à Paris, dans le salon des Verdurin, riches bourgeois mécènes qui aiment réunir chez eux des artistes. Une condition pour être admis dans leur salon, admirer sans réserve le jeune musicien à la mode ainsi que le docteur Cottard, grand ami du couple Verdurin. Parmi les habitués, Odette de Crécy, particulièrement appréciée par Mme Verdurin et qui intervient pour introduire son ami Swann. Très fortuné et grand séducteur, Charles Swann fréquente le milieu aristocratique peuplé de princes, d’ambassadeurs et d’académiciens. S’il aime à séduire les femmes du beau monde, il ne dédaigne pas pour autant la compagnie des midinettes. Très policé, il peut cependant faire preuve de muflerie à l’égard de ses maîtresses. Il est attiré par Odette de Crécy qu’il trouve très belle, tout en relevant chez elle certaines imperfections physiques ; et puis, Odette n’est pas très cultivée. Il lui arrive de se lasser d’elle, jamais pour longtemps car il regrette sa présence dès qu’elle s’éloigne. Odette, elle, cherche le contact de Swann et multiplie leurs rencontres. Lors de sa première visite chez les Verdurin, Swann fait une excellente impression à ses hôtes. Il fait la connaissance des principaux habitués : le docteur Cottard, médecin célèbre, imbu de sa personne et tout à la dévotion de Mme Verdurin ; le peintre Biche (qu’on retrouvera plus tard, devenu célèbre sous le nom d’Elstir) ; Saniette, ancien archiviste, fortuné, issu d’une famille noble (il est le beau-frère du comte de Forcheville). Saniette est un homme foncièrement bon et simple, mais souvent maladroit et devenu le souffre-douleur du ménage Verdurin. Il y a aussi Brichot, professeur à la Sorbonne, bavard et pédant, féru de plaisanteries et de jeu de mots pas toujours du meilleur goût.

Mme Verdurin trône sans partage sur ce petit clan, comme une reine surveillant sa cour, les habitués du salon ne l’appellent-t-ils pas « la Patronne ». Elle va favoriser le rapprochement entre Swann et Odette. Lors d’une soirée, le jeune pianiste joue une petite phrase musicale d’une sonate que Swann a déjà entendue et qu’il a beaucoup aimée. Il apprend que le compositeur est un certain Vinteuil, mais à aucun moment il ne fait le rapprochement entre l’obscur petit professeur de piano de Montjouvain et l’homme capable d’écrire une telle œuvre.

Un jour, Swann a le tort de déclarer qu’il fréquente des gens haut placés. Extrêmement possessive et jalouse, Mme Verdurin voit là une infidélité et même une trahison, et c’est alors le début de la disgrâce. Prenant conscience qu’il a perdu la sympathie de Mme Verdurin, Swann n’hésite pas à prendre lui-même de la distance en ne se rendant chez elle qu’assez tard, après avoir passé le début de soirée avec une jolie ouvrière dont il préfère la beauté « fraîche et bouffie » à celle d’Odette, même s’il reste très attaché à cette dernière, continuant à la voir souvent. Il est amoureux d’elle et, un soir qu’il arrive très tard chez les Verdurin, on lui apprend qu’elle est déjà partie. Rongé d’inquiétude et de jalousie, il passe une partie de la nuit à sa recherche dans les restaurants du tout Paris pour finir, enfin, par la retrouver. Alors qu’ils rentrent ensemble en voiture chez elle, Swann se montre d’abord assez timide. Et puis… Odette porte sur sa robe un bouquet de catleyas et, prétextant vouloir le remettre en place, Swann la caresse et l’embrasse puis la possède pour la première fois, dans la voiture. Désormais ils diront « faire catleya » au lieu de dire « faire l’amour ». Maintenant, Swann se rend tous les soirs chez sa maîtresse, il ne connaît rien de son passé ni de ses activités diurnes et il est assez lucide pour la considérer superficielle, pas très intelligente ni très cultivée mais cela ne l’empêche pas d’être très attaché à elle et de se montrer jalousement possessif.

Un jour, Odette demande aux Verdurin de recevoir un nouvel invité, le comte de Forcheville, bel homme, suffisant, cousin de Saniette. Forcheville fait la cour à Odette, encouragé dans son entreprise par Mme Verdurin qui n’apprécie plus du tout Swann et qui adore faire et défaire les couples. Swann ignore encore la disgrâce dont il est menacé, il comble sa maîtresse de cadeaux et d’argent car, très dépensière, Odette est souvent dans l’embarras et n’hésite pas à le solliciter, ce qui paradoxalement le rend heureux. Cependant, il doute de plus en plus de sa fidélité et va même jusqu’à l’espionner en allant une nuit rôder derrière ses volets clos, pour tenter de savoir si elle a de la visite. Sa jalousie est exacerbée par le fait qu’Odette continue de fréquenter le salon des Verdurin alors qu’il n’y est plus invité. Mais la jeune femme sait souffler le chaud et le froid, elle redevient parfois aimante et attentionnée et aussitôt Swann oublie ses griefs, mais le répit est de courte durée, le faisant bien vite retomber dans le doute et la suspicion. Il la comble d’argent et de cadeaux, il l’aime, il ne l’aime plus, il la voit belle et attirante pour, un instant plus tard, la trouver laide et insignifiante. Les relations entre les deux amants ne cessent de se dégrader, Odette se montrant souvent dure avec son amant qui en arrive à sangloter de désespoir et à souhaiter mourir. Swann qui a complètement cessé d’aller chez les Verdurin, recommence à fréquenter les salons qu’il avait abandonnés. Ainsi, un soir, il se rend à un concert chez Madame de Saint-Euverte, ce qui donne l’occasion à l’auteur de dresser des portraits pittoresques, imagés et souvent cruels des invités : le général de Froberville avec « sa figure vulgaire, balafrée et triomphale », les marquis de Bréauté au « regard infinitésimal et grouillant d’amabilité » et de Forestelle au « visage délicat mélancolique » ; MM. de Saint-Candé « au nez frémissant et rouge et à la bouche lippue », de Palancy « avec sa grosse tête de carpe ». Et bien d’autres personnages que l’on retrouvera tout au long de « la Recherche » : Oriane de Laumes qui s’appellera bientôt la duchesse de Guermantes, Basin, son mari, qui n’a cessé de la tromper depuis le jour où il l’a épousée, une cousine d’Oriane, Mme de Gallardon qu’elle déteste, la jeune Mme de Cambremer, « jolie à croquer ». Au cours de la soirée, on joue la petite phrase de la sonate de Vinteuil et Swann a le cœur déchiré en entendant cette mélodie qui a rythmé son amour pour Odette. Quelques jours auparavant, il a reçu une lettre anonyme l’informant qu’Odette est la maîtresse de nombreux hommes et femmes et qu’elle fréquente les maisons de passe. Il cherche à identifier l’auteur de cette dénonciation à laquelle il refuse d’accorder le moindre crédit. Interrogée, Odette nie, mais sans conviction. Malgré les propos désagréables qu’il leur arrive d’échanger, curieusement Odette lui reste chère et précieuse. Elle part avec les Verdurin pour de fréquentes croisières, dont certaines peuvent durer plusieurs mois, et ces absences procurent à Swann un apaisement momentané. Pourtant, ce sera bientôt la rupture définitive avec, en guise d’épitaphe, cette conclusion étonnante de Swann : « Dire que j’ai gâché des années de ma vie, que j’ai voulu mourir, que j’ai eu mon plus grand amour, pour une femme qui ne me plaisait pas, qui n’était pas mon genre ! »

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Troisième partie

NOMS DE PAYS

Agé d’une douzaine d’années, le narrateur va faire un séjour à Balbec avec sa grand-mère pour soigner son asthme. Sur les conseils de M. Legrandin, ils logent au Grand-Hôtel de la Plage. L’imagination du narrateur lui donne une représentation des villes normandes à travers leurs noms, pour l’entraîner ensuite à une évasion vers Parme, Florence, Venise, Pise qu’il meurt d’envie de visiter.

Ses parents ayant enfin décidé de l’emmener à Venise, le rêve devient réalité. Alors que l’on prépare le voyage, le jeune garçon est tellement excité qu’il en tombe malade et le projet doit être annulé. Ses seules sorties devront se limiter désormais aux promenades aux Champs-Elysées avec Françoise, promenades qu’il déteste jusqu’au jour où il y rencontre Gilberte, la fille de Swann et d’Odette qu’il avait aperçue lors d’une promenade à Combray. Il la revoit régulièrement et prend beaucoup de plaisir à jouer avec elle et ses amies. Gilberte semble l’apprécier également, tout en prenant un malin plaisir à le rendre jaloux. Il n’ose pas lui dire qu’il l’aime. Gilberte lui donne parfois des marques d’amitié, alors qu’il attend beaucoup plus. Il est aussi attiré par les parents de Gilberte, appréciant Mme Swann si belle et si élégante lors de ses promenades au Bois. Quand des badauds la reconnaissent, certains ne se privent pas de faire allusion à son inconduite.

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16 réflexions au sujet de « Du côté de chez Swann »

  1. Charles Swann, riche collectionneur d’objets d’art va finir par séduire Odette de Crécy

    N’est-ce pas au contraire Odette qui séduit Charles, Odette n’étant pas son style, et ne le conduisant à lui porter son amour que par l’intérêt qu’elle lui porte ?

    • Peut-être, la tendance s’inversant dans la deuxième partie d’Un amour de Swann (Odette rejette l’amour de Swann), l’auteur de ce résumé a-t-il voulu réduir au minimum les péripéties de cette triste relation.

  2. Cher Peggy,
    Il me semble que vous avez raison puisqu’au début d’Un amour de Swann on trouve ces lignes « […] il [Swann] fut présenté à Odette de Crécy par un de ses amis d’autrefois […] elle était apparue à Swann non pas certes sans beauté, mais d’un genre de beauté qui lui était indifférent, qui ne lui inspirait aucun désir […] » (p.243) . En effet, Odette lui porte un intérêt tout particulier, elle « retourna voir Swann, puis rapprocha ses visites » (p.244). Aussi lors de l’une de ses visites aura-t-elle ces mots, témoins de sa soumission et de son amour naissant pour Swann : »Moi je n’ai jamais rien à faire! Je suis toujours libre, je le serai toujours pour vous. » (p. 246). Cependant après réfflexion il m’apparaît que ce n’est pas ce trop plein d’attention qui fasse fleurir l’amour de Charles pour Mme de Crécy mais la comparaison de sa figure, son attitude avec différentes oeuvres d’arts. Comme ce sera le cas après une entrevue où Swann devait lui apporter « une gravure qu’elle désirait voir » (p.270) : « Il plaça sur sa table de travail, comme une photographie d’Odette, une reproduction de la fille de Jéthro. […] maintenant qu’il connaissait l’original de la fille de Jéthro, elle devenait un désir qui suppléa désormais à celui que le corps d’Odette ne lui avait pas d’abord inspiré. » (p.273).
    Peut-être d’autres passages contradirons mes propos mais je crois que ces extraits reflètent le fil directeur de l’évolution des sentiments de ces deux personnages. Qu’en pensez vous?

  3. Bien sûr permettez-moi d’abord de vous féliciter pour votre généreux et colossal travail sur la RTP de notre génial Marcel !
    Le Bottin proustien (2001) de Michel Erman à côté relève du résumé liliputien …
    Pourquoi ne pas vous faire éditer sur papier ? (avec la dernière pagination Pléiade )
    Pour l’article GILBERTE permettez-moi toutefois de signaler un oubli de votre part :
    l’épisode de l’apparition de Gilberte à Tansonville dans Du côté de chez Swann donne lieu à une erreur d’interprétation du narrateur amoureux, d' »un geste indécent », « d’une intention insolente » qui constitue un contresens de sa part !
    Le narrateur (comme le lecteur) n’aura la solution que dans les dernières pages de La Fugitive, où Gilberte des années plus tard explique son geste d’alors !
    D

  4. Tres peu apres l’adolesce, j’ai comece a lire « A la recherche ». Je ne l’ai pas fini, car, comme un jeu, j’ai cru que « Le temps retrouve » serait mieux le lire plus proche de la vielleuse. Maintenat il est arrivé le moment. Votre resume et le recoueil des personages est tres utile pour renouveller cette lecture. Je m’excuse de mon ortographie. Je suis espagnol, mais je l’ai lu en Français, folio et Gallimard editions.

    • Je suis très heureux si ce blog vous apporte de l’aide. Bravo pour avoir le courage d’entreprendre la lecture d’une œuvre aussi difficile d’accès mais combien riche et passionnante. Bien cordialement à vous.

  5. Pour mon projet de fin d’études je travaille sur Proust et la peinture dans Du côté de chez Swann mais j’arrive pas à élaborer une introduction je ne sais quoi faire pourriez vous m’aider avec mes remerciements anticipés

  6. Je me demandais si Proust ne s’était pas inspiré d’un personnage réel pour décrire Swann
    Cela a tellement l’air d’une autobiographie !!
    C’est le génie de Proust

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