Forcheville (Monsieur de)

Forcheville - RM. de Forcheville d’après David Richardson

Nombre de citations du personnage dans chacun des sept livres de la Recherche

Total

Swann

JF

Guer

SG

Pris

Fug

TR

126

97

3

1

2

1

13

9

Le comte de Forcheville est un homme snob et sans délicatesse, l’opposé de Charles Swann. C’est à la demande d’Odette, la maîtresse de Swann, qu’il est invité aux soirées des Verdurin (1).

Un soir, au cours d’un dîner chez les Verdurin, son beau-frère Saniette, véritable souffre-douleur du petit clan, a un mot malheureux. Forcheville le prend alors comme tête de turc et se montre particulièrement odieux avec lui (2).

En délicatesse avec Swann, les Verdurin vont s’appliquer à favoriser une aventure entre Odette et Forcheville (3). Swann reçoit une lettre anonyme qui lui confirme ses soupçons quant à l’infidélité d’Odette qui aurait de nombreux amants parmi lesquels figure le comte de Forcheville (4).

Forcheville désargenté épousera Odette devenue la veuve de  Charles Swann et qui est à la tête d’une importante fortune. Sa famille résigné mais soulagée de ne plus avoir à entretenir ce  parents démuni et dépensier donne son assentiment à ce mariage (5). Forcheville donne son nom à Gilberte. Le ménage dépensera très rapidement la fortune d’Odette (6).

(1)

Sans doute Forcheville était grossièrement snob, alors que Swann ne l’était pas ; sans doute il était bien loin de placer, comme lui, le milieu des Verdurin au-dessus de tous les autres. Mais il n’avait pas cette délicatesse de nature qui empêchait Swann de s’associer aux critiques trop manifestement fausses que dirigeait Mme Verdurin contre des gens qu’il connaissait. Quant aux tirades prétentieuses et vulgaires que le peintre lançait à certains jours, aux plaisanteries de commis voyageur que risquait Cottard et auxquelles Swann, qui les aimait l’un et l’autre, trouvait facilement des excuses mais n’avait pas le courage et l’hypocrisie d’applaudir, Forcheville était au contraire d’un niveau intellectuel qui lui permettait d’être abasourdi, émerveillé par les unes, sans d’ailleurs les comprendre, et de se délecter aux autres. Et justement le premier dîner chez les Verdurin auquel assista Forcheville, mit en lumière toutes ces différences, fit ressortir ses qualités et précipita la disgrâce de Swann (Swann 250/356).

(2)

Soit que Forcheville sentant que Saniette, son beau-frère, n’était pas en faveur chez eux, eût voulu le prendre comme tête de Turc et briller devant eux à ses dépens, soit qu’il eût été irrité par un mot maladroit que celui-ci venait de lui dire et qui, d’ailleurs, passa inaperçu pour les assistants qui ne savaient pas quelle allusion désobligeante il pouvait renfermer, bien contre le gré de celui qui le prononçait sans malice aucune, soit enfin qu’il cherchât depuis quelque temps une occasion de faire sortir de la maison quelqu’un qui le connaissait trop bien et qu’il savait trop délicat pour qu’il ne se sentît pas gêné à certains moments rien que de sa présence, Forcheville répondit à ce propos maladroit de Saniette avec une telle grossièreté, se mettant à l’insulter, s’enhardissant, au fur et à mesure qu’il vociférait, de l’effroi, de la douleur, des supplications de l’autre, que le malheureux, après avoir demandé à Mme Verdurin s’il devait rester, et n’ayant pas reçu de réponse, s’était retiré en balbutiant, les larmes aux yeux (Swann 276/388).

(3)

M. et Mme Verdurin firent monter avec eux Forcheville, la voiture de Swann s’était rangée derrière la leur dont il attendait le départ pour faire monter Odette dans la sienne.— »Odette, nous vous ramenons, dit Mme Verdurin, nous avons une petite place pour vous à côté de M. de Forcheville.— »Oui, Madame », répondit Odette.

— »Comment, mais je croyais que je vous reconduisais », s’écria Swann, disant sans dissimulation, les mots nécessaires, car la portière était ouverte, les secondes étaient comptées, et il ne pouvait rentrer sans elle dans l’état où il était.

— »Mais Mme Verdurin m’a demandé… »

— »Voyons, vous pouvez bien revenir seul, nous vous l’avons laissée assez de fois, dit Mme Verdurin. »

—Mais c’est que j’avais une chose importante à dire à Madame.

—Eh bien ! vous la lui écrirez…

—Adieu, lui dit Odette en lui tendant la main.

Il essaya de sourire mais il avait l’air atterré (Swann 285/398).

(4)

Un jour il reçut une lettre anonyme, qui lui disait qu’Odette avait été la maîtresse d’innombrables hommes (dont on lui citait quelques-uns parmi lesquels Forcheville, M. de Bréauté et le peintre), de femmes, et qu’elle fréquentait les maisons de passe (Swann 356/486).

(5)

Après la mort de Swann, Odette, qui étonna tout le monde par une douleur profonde, prolongée et sincère, se trouvait être une veuve très riche. Forcheville l’épousa, après avoir entrepris une longue tournée de châteaux et s’être assuré que sa famille recevrait sa femme. (Cette famille fit quelques difficultés, mais céda devant l’intérêt de ne plus avoir à subvenir aux dépenses d’un parent besogneux qui allait passer d’une quasi-misère à l’opulence) (Fug 574/155).

(6)

Elle [Odette] souhaitait chaque jour un nouveau collier, une nouvelle robe brochée de brillants, une plus luxueuse automobile, mais elle avait peu de fortune, Forcheville ayant presque tout mangé, et – quel ascendant israélite gouvernait en cela Gilberte ? – elle avait une fille adorable, mais affreusement avare, comptant l’argent à son mari et naturellement bien plus à sa mère (Fug 684/263).

 

 

 

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