Fille de cuisine

Préparation du dîner à Combray 2

Fille de cuisine par Bernard Lamotte

Nombre de citations du personnage dans chacun des sept livres de la Recherche

Total

Swann

JF

Guer

SG

Pris

Fug

TR

18

15

1

   

2

Elle assiste Françoise, cuisinière de Tante Léonie à Combray, mais a également d’autres tâches ménagères à accomplir (1).

La description des asperges posées sur la table que la fille de cuisine vient de « plumer » est de toute beauté (2).

Françoise fait souvent preuve de cruauté envers la fille de cuisine,  « pauvre créature maladive » (3) ainsi on apprend que si toute la famille du narrateur n’a cessé de manger des asperges durant son séjour à Combray, c’est tout simplement parce que Françoise savait que la fille de cuisine était allergique à ce légume et que le simple fait de les préparer la rendait malade (4).

(1)
« La fille de cuisine était une personne morale, une institution permanente à qui des attributions invariables assuraient une sorte de continuité et d’identité, à travers la succession des formes passagères en lesquelles elle s’incarnait : car nous n’eûmes jamais la même deux ans de suite (Swann 80/145).
(2)
« Je m’arrêtais à voir sur la table, où la fille de cuisine venait de les écosser, les petits pois alignés et nombrés comme des billes vertes dans un jeu ; mais mon ravissement était devant les asperges, trempées d’outremer et de rose et dont l’épi, finement pignoché de mauve et d’azur, se dégrade insensiblement jusqu’au pied,—encore souillé pourtant du sol de leur plant,—par des irisations qui ne sont pas de la terre. Il me semblait que ces nuances célestes trahissaient les délicieuses créatures qui s’étaient amusées à se métamorphoser en légumes et qui, à travers le déguisement de leur chair comestible et ferme, laissaient apercevoir en ces couleurs naissantes d’aurore, en ces ébauches d’arc-en-ciel, en cette extinction de soirs bleus, cette essence précieuse que je reconnaissais encore quand, toute la nuit qui suivait un dîner où j’en avais mangé, elles jouaient, dans leurs farces poétiques et grossières comme une féerie de Shakespeare, à changer mon pot de chambre en un vase de parfum. » (Swann 121/195).
(3)
Une de ces nuits qui suivirent l’accouchement de la fille de cuisine, celle-ci fut prise d’atroces coliques ; maman l’entendit se plaindre, se leva et réveilla Françoise qui, insensible, déclara que tous ces cris étaient une comédie, qu’elle voulait « faire la maîtresse ». Swann 122/197).
(4)

« Françoise trouvait pour servir sa volonté permanente de rendre la maison intenable à tout domestique, des ruses si savantes et si impitoyables que, bien des années plus tard, nous apprîmes que si cet été-là nous avions mangé presque tous les jours des asperges, c’était parce que leur odeur donnait à la pauvre fille de cuisine chargée de les éplucher des crises d’asthme d’une telle violence qu’elle fut obligée de finir par s’en aller ». (Swann 124/199).

 

 

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