Norpois (Marquis de)

Norpois - RMarquis de Norpois d’après David Richardson

Nombre de citations du personnage dans chacun des sept livres de la Recherche

Total

Swann

JF

Guer

SG

Pris

Fug

TR

295

 

118

114

6

2

33

22

Modèles possibles : le comte Mosca, personnage de la Chartreuse de Parme de Stendhal ; Armand Nisard, ambassadeur de France au Vatican ; Camille Barrère, ami du père du Narrateur ; Gabriel Hanotaux ministre des affaires étrangères de 1894 à 1898.

Ancien ambassadeur et membre de l’Institut, ami du père du narrateur. Homme de grande taille à la barbe blanche, il a un langage suranné et ennuyeux qui en indispose plus d’un (1). Le narrateur lui est très reconnaissant d’avoir persuadé son père de le laisser envisager une carrière littéraire (2). Ce dernier espère que M de Norpois fera rentrer son fils à la Revue des deux mondes. En fait il se limitera à conseiller au narrateur un jeune écrivain plein d’avenir qui a écrit un ouvrage relatif au sentiment de l’Infini sur la rive occidentale du lac Victoria-Nyanza puis une étude portant sur le fusil à répétition dans l’armée bulgare ! (3).

Extrêmement riche, il conseille à l’occasion le père du narrateur dans ses placements (4). Ce dernier envisage de demander l’appui de M de Norpois pour être élu à l’Institut mais en bon diplomate Norpois refuse son aide, arguant que le moment opportun n’est pas venu mais qu’il n’hésitera pas à l’aider un peu plus tard. En fait il a tout simplement un autre poulain à soutenir (5).

Depuis de nombreuses années  il entretient une liaison avec Mme de Villeparisis, liaison  connue de tout le monde mais qu’il continue à vouloir cacher même si personne n’est dupe (6).

Il est farouchement antidreyfusard (7).

(1)

Disons pour finir qui était le marquis de Norpois. Il avait été ministre plénipotentiaire avant la guerre et ambassadeur au Seize Mai, et, malgré cela, au grand étonnement de beaucoup, chargé plusieurs fois depuis, de représenter la France dans des missions extraordinaires — et même comme contrôleur de la Dette, en Egypte, où grâce à ses grandes capacités financières il avait rendu d’importants services — par des cabinets radicaux qu’un simple bourgeois réactionnaire se fût refusé à servir, et auxquels le passé de M. de Norpois, ses attaches, ses opinions eussent dû le rendre suspect. (JF 434/6)

Quant à ma mère, peut-être l’Ambassadeur n’avait-il pas par lui-même le genre d’intelligence vers lequel elle se sentait le plus attirée. Et je dois dire que la conversation de M. de Norpois était un répertoire si complet des formes surannées du langage particulières à une carrière, à une classe, et à un temps… (JF 437/9).

« Comment ! vous connaissez Norpois », me dit Swann. « Oh ! il est ennuyeux comme la pluie, interrompit sa femme qui avait grande confiance dans le jugement de Bergotte et craignait sans doute que M. de Norpois ne nous eût dit du mal d’elle. J’ai voulu causer avec lui après le dîner, je ne sais pas si c’est l’âge ou la digestion, mais je l’ai trouvé d’un vaseux. Il semble qu’on aurait eu besoin de le doper ! » « Oui, n’est-ce pas, dit Bergotte, il est bien obligé de se taire assez souvent pour ne pas épuiser avant la fin de la soirée la provision de sottises qui empèsent le jabot de la chemise et maintiennent le gilet blanc. » (JF 562/132).

(2)
Mais mon père avait fait une constante opposition à ce que je me destinasse à la carrière des lettres qu’il estimait fort inférieure à la diplomatie, lui refusant même le nom de carrière, jusqu’au jour où M. de Norpois, qui n’aimait pas beaucoup les agents diplomatiques de nouvelles couches lui avait assuré qu’on pouvait, comme écrivain, s’attirer autant de considération, exercer autant d’action et garder plus d’indépendance que dans les ambassades (JF 439/11).
(3)
Il a publié il y a deux ans, — il est d’ailleurs beaucoup plus âgé que vous, naturellement, — un ouvrage relatif au sentiment de l’Infini sur la rive occidentale du lac Victoria-Nyanza et cette année un opuscule moins important, mais conduit d’une plume alerte parfois même acérée, sur le fusil à répétition dans l’armée bulgare,… (JF 453/24).
(4)
M. de Norpois eut un imperceptible sourire de félicitations : comme tous les capitalistes, il estimait la fortune une chose enviable, mais trouvait plus délicat de ne complimenter que par un signe d’intelligence à peine avoué, au sujet de celle qu’on possédait ; d’autre part, comme il était lui-même colossalement riche, il trouvait de bon goût d’avoir l’air de juger considérables les revenus moindres d’autrui, avec pourtant un retour joyeux et confortable sur la supériorité des siens. En revanche il n’hésita pas à féliciter mon père de la « composition » de son portefeuille « d’un goût très sûr, très délicat, très fin » (JF 454/26).
(5)
Mon père aurait bien voulu par surcroît savoir si l’appui de l’Ambassadeur lui vaudrait beaucoup de voix à l’Institut où il comptait se présenter comme membre libre. A vrai dire, tout en n’osant pas douter de l’appui de M. de Norpois, il n’avait pourtant pas de certitude. Il avait cru avoir affaire à de mauvaises langues quand on lui avait dit au ministère que M. de Norpois désirant être seul à y représenter l’Institut, ferait tous les obstacles possibles à une candidature qui, d’ailleurs, le gênerait particulièrement en ce moment où il en soutenait une autre (Guer 150/143).
(6)
Le maître d’hôtel n’avait pas dû exécuter d’une façon complète la commission dont il venait d’être chargé pour M. de Norpois. Car celui-ci, pour faire croire qu’il arrivait du dehors et n’avait pas encore vu la maîtresse de la maison, prit au hasard un chapeau dans l’antichambre et vint baiser cérémonieusement la main de Mme de Villeparisis, en lui demandant de ses nouvelles avec le même intérêt qu’on manifeste après une longue absence (Guer 221/212).
(7)
Peut-être la raison pour laquelle M. de Norpois parlait ainsi à Bloch comme s’ils eussent été d’accord venait-elle de ce qu’il était tellement antidreyfusard que, trouvant que le gouvernement ne l’était pas assez, il en était l’ennemi tout autant qu’étaient les dreyfusards (Guer 241/232).
(8)

« Vous vous trompez bien, me répondit Mme de Guermantes. Il vous aime beaucoup. Vous pouvez demander à Basin, si on me fait la réputation d’être trop aimable, lui ne l’est pas. Il vous dira que nous n’avons jamais entendu parler Norpois de quelqu’un aussi gentiment que de vous. Et il a dernièrement voulu vous faire donner au ministère une situation charmante. Comme il a su que vous étiez souffrant et ne pourriez pas l’accepter, il a eu la délicatesse de ne pas même parler de sa bonne intention à votre père qu’il apprécie infiniment. » M. de Norpois était bien la dernière personne de qui j’eusse attendu un bon office. La vérité est qu’étant moqueur et même assez malveillant, ceux qui s’étaient laissé prendre comme moi à ses apparences de saint Louis rendant la justice sous un chêne, aux sons de voix facilement apitoyés qui sortaient de sa bouche un peu trop harmonieuse, croyaient à une véritable perfidie quand ils apprenaient une médisance à leur égard venant d’un homme qui avait semblé mettre son cœur dans ses paroles. Ces médisances étaient assez fréquentes chez lui (Guer 528/512).

 

 

3 réflexions au sujet de « Norpois (Marquis de) »

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