Molé (Comtesse)

Nombre de citations du personnage dans chacun des sept livres de la Recherche

Total

Swann

JF

Guer

SG

Pris

Fug

TR

49

   

6

19

12

3

9

Jeune femme, vive et charmante qui agace la Duchesse de Guermantes  peut-être inconsciemment jalouse de son succès (1). Le comte de Charlus a pour elle beaucoup d’attentions (2). Peu à peu, la comtesse Molé devient une des femmes les plus en vue de Paris (3). Sans que l’on sache très bien les raisons, Charlus jusque là si attentionné porte soudainement des attaques violentes contre elle (4). « La jeune femme en mourut » dit l’auteur, mais au sens figuré semble-t-il, car on retrouve Mme Molé dans le « Temps retrouvé » qui, peu rancunière, défend Charlus qui fait l’objet de vives critiques de Mme Verdurin quant à son attitude pendant la guerre (5).

(1)
Elle est charmante, mais elle ne me semble pas avoir tout de même un volume suffisant pour s’imaginer qu’elle peut étonner le monde à si peu de frais que de laisser une enveloppe comme carte et de la laisser à dix heures du matin. Sa vieille mère souris lui montrera qu’elle en sait autant qu’elle sur ce chapitre-là. » Swann ne put s’empêcher de rire en pensant que la duchesse, qui était du reste un peu jalouse du succès de Mme Molé, trouverait bien dans « l’esprit des Guermantes » quelque réponse impertinente à l’égard de la visiteuse. (Guer 590/572).
(2)
Ne nous mettons pas près de mon oncle Palamède, sans cela nous allons être happés. Comme Mme Molé (car c’est elle qui tient la corde en ce moment) vient de partir, il est tout désemparé. Il paraît que c’était un vrai spectacle, il ne l’a pas quittée d’un pas, il ne l’a laissée que quand il l’a eu mise en voiture. (SG 691/90).
(3)
…ce fut un vrai coup de théâtre quand on vit dans la loge de face, qui était celle de l’auteur, venir s’asseoir à côté de Mme Swann, Mme de Marsantes et celle qui, par l’effacement progressif de la duchesse de Guermantes (rassasiée d’honneur, et s’annihilant par moindre effort), était en train de devenir la lionne, la reine du temps, la comtesse Molé. (SG 746/143).
(4)
M. de Charlus négligeait de dire que depuis quelque temps il faisait faire à Morel, comme ces grands seigneurs du XVIIe siècle qui dédaignaient de signer et même d’écrire leurs libelles, des petits entrefilets bassement calomniateurs et dirigés contre la comtesse Molé. Semblant déjà insolents à ceux qui les lisaient, combien étaient-ils plus cruels pour la jeune femme, qui retrouvait, si adroitement glissés que personne d’autre qu’elle n’y voyait goutte, des passages de lettres d’elle, textuellement cités, mais pris dans un sens où ils pouvaient l’affoler comme la plus cruelle vengeance. La jeune femme en mourut. (Pris 220/209).
(5)

Mme Verdurin affectait de croire qu’il n’était pas Français. « Quelle est sa nationalité exacte, est-ce qu’il n’est pas Autrichien ? » demandait innocemment M. Verdurin. « Mais non, pas du tout », répondait la comtesse Molé, dont le premier mouvement obéissait plutôt au bon sens qu’à la rancune. (TR 765/73).

 

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