Bloch père (Salomon)

Modèle possible : Hugo Finaly

Nombre de citations du personnage dans chacun des sept livres de la Recherche

Total

Swann

JF

Guer

SG

Pris

Fug

TR

24

 

21

2

     

1

Bloch fils décide d’inviter Saint-Loup à déjeuner chez lui car il espère ainsi se lier plus étroitement avec lui et pénétrer ainsi dans les milieux aristocratiques. Bloch père admire son fils d’avoir su établir des relations étroites avec un homme aussi distingué (1). A l’occasion de ce repas le narrateur constate combien le père et le fils se ressemblent sur de nombreux points parmi lesquels celui de raconter des histoires saugrenues et extravagantes (2)

Bloch père est admiré par ses enfants qui le considèrent comme un homme supérieur (3). Au cours du repas, la conversation porte sur Bergotte et  Bloch père déclare détester les écrits de l’écrivain sans vouloir à aucun moment argumenter son jugement péremptoire (4).

Le père Bloch est réputé pour son avarice (5).

(1) Bloch père quand son fils lui avait dit qu’il amènerait à dîner un de ses amis, dont il avait décliné sur un ton de satisfaction sarcastique le titre et le nom : « Le marquis de Saint-Loup-en-Bray » avait éprouvé une commotion violente. « Le marquis de Saint-Loup-en-Bray ! Ah ! bougre ! » s’était-il écrié, usant du juron qui était chez lui la marque la plus forte de la déférence sociale. Et il avait jeté sur son fils, capable de s’être fait de telles relations, un regard admiratif qui signifiait : « Il est vraiment étonnant. Ce prodige est-il mon enfant ? » et qui causa autant de plaisir à mon camarade que si cinquante francs avaient été ajoutés à sa pension mensuelle.  (JF 747/315).
(2) Il y avait donc enclavé en mon camarade Bloch, un père Bloch, qui retardait de quarante ans sur son fils, débitait des anecdotes saugrenues, et en riait autant au fond de mon ami, que ne faisait le père Bloch extérieur et véritable, puisque au rire que ce dernier lâchait non sans répéter deux ou trois fois le dernier mot, pour que son public goûtât bien l’histoire, s’ajoutait le rire bruyant par lequel le fils ne manquait pas à table de saluer les histoires de son père. (JF 769/335).
(3) Cette importance illusoire de M. Bloch père était d’ailleurs étendue un peu au delà du cercle de sa propre perception. D’abord ses enfants le considéraient comme un homme supérieur. Les enfants ont toujours une tendance soit à déprécier, soit à exalter leurs parents, et pour un bon fils, son père est toujours le meilleur des pères, en dehors même de toutes raisons objectives de l’admirer. Or celles-ci ne manquaient pas absolument pour M. Bloch, lequel était instruit, fin, affectueux pour les siens. (JF 771/338).
(4) L’égocentrisme permettant de la sorte à chaque humain de voir l’univers étagé au-dessous de lui qui est roi, M. Bloch se donnait le luxe d’en être un impitoyable quand le matin en prenant son chocolat, voyant la signature de Bergotte au bas d’un article dans le journal à peine entr’ouvert, il lui accordait dédaigneusement une audience écourtée, prononçait sa sentence, et s’octroyait le confortable plaisir de répéter entre chaque gorgée du breuvage bouillant : « Ce Bergotte est devenu illisible. Ce que cet animal-là peut être embêtant. C’est à se désabonner. Comme c’est emberlificoté, quelle tartine ! » Et il reprenait une beurrée. (JF 771/338)
(5) Seulement, si le défaut de son fils, c’est-à-dire ce que son fils croyait invisible aux autres, était la grossièreté, celui du père était l’avarice. Aussi, c’est dans une carafe qu’il fit servir sous le nom de champagne un petit vin mousseux et sous celui de fauteuils d’orchestre il avait fait prendre des parterres qui coûtaient moitié moins, miraculeusement persuadé par l’intervention divine de son défaut que ni à table, ni au théâtre (où toutes les loges étaient vides) on ne s’apercevrait de la différence.  (JF 776/343).

 

 

 

 

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