Adolphe (Oncle)

Adolphe-OncleOncle Adolphe d’après David Richardson

Nombre de citations du personnage dans chacun des sept livres de la Recherche

Total

Swann

JF

Guer

SG

Pris

Fug

TR

77

42

1

16

15

   

3

Inspiration probable : Louis Weil, demi-frère de Nathé Weil le grand-père maternel de Proust, qui aimait fréquenter de belles actrices et cantatrices.

Grand-oncle du narrateur, frère de son grand-père paternel, commandant en retraite. Il habite habituellement Paris où il entretient des liaisons avec des actrices et des demi- mondaines ce qui ne manque pas de choquer la bonne bourgeoisie en général et sa famille en particulier (1).

Un jour que le narrateur fait une visite inopinée à son oncle, il y croise l’une de ses nombreuses relations qu’il baptise  « la dame en rose ». Ignorant la recommandation de son oncle de rester discret sur cette rencontre, il relate dans le détail sa visite à ses parents (2). Profondément choqués que leur fils ait pu rencontrer une femme de mauvaise vie, il lui interdisent désormais de lui rendre visite (3). Le narrateur n’aura plus l’occasion de le revoir.

Désespéré par la conduite de sa maîtresse Odette, Swann demande à Adolphe qui la connaît bien des conseils sur l’attitude à adopter ; quelques temps plus tard Odette rapporte à Swann qu’Adolphe a essayé de la prendre de force. Les deux hommes vont se fâcher  (4).

(1)
…Or mon oncle en connaissait beaucoup [des comédiennes], et aussi des cocottes que je ne distinguais pas nettement des actrices. Il les recevait chez lui. Et si nous n’allions le voir qu’à certains jours c’est que, les autres jours, venaient des femmes avec lesquelles sa famille n’aurait pas pu se rencontrer, du moins à son avis à elle, car, pour mon oncle, au contraire, sa trop grande facilité à faire à de jolies veuves qui n’avaient peut-être jamais été mariées, à des comtesses de nom ronflant, qui n’était sans doute qu’un nom de guerre, la politesse de les présenter à ma grand’mère ou même à leur donner des bijoux de famille, l’avait déjà brouillé plus d’une fois avec mon grand-père. Souvent, à un nom d’actrice qui venait dans la conversation, j’entendais mon père dire à ma mère, en souriant : « Une amie de ton oncle » ; (Swann 75/138).
(2)  Eperdu d’amour pour la dame en rose, je couvris de baisers fous les joues pleines de tabac de mon vieil oncle, et tandis qu’avec assez d’embarras il me laissait entendre sans oser me le dire ouvertement qu’il aimerait autant que je ne parlasse pas de cette visite à mes parents, je lui disais, les larmes aux yeux, que le souvenir de sa bonté était en moi si fort que je trouverais bien un jour le moyen de lui témoigner ma reconnaissance. Il était si fort en effet que deux heures plus tard, après quelques phrases mystérieuses et qui ne me parurent pas donner à mes parents une idée assez nette de la nouvelle importance dont j’étais doué, je trouvai plus explicite de leur raconter dans les moindres détails la visite que je venais de faire. Je ne croyais pas ainsi causer d’ennuis à mon oncle. Comment l’aurais-je cru, puisque je ne le désirais pas. Et je ne pouvais supposer que mes parents trouveraient du mal dans une visite où je n’en trouvais pas. (Swann 79/143).
(3) Mes parents malheureusement s’en remirent à des principes entièrement différents de ceux que je leur suggérais d’adopter, quand ils voulurent apprécier l’action de mon oncle. Mon père et mon grand-père eurent avec lui des explications violentes ; j’en fus indirectement informé. Quelques jours après, croisant dehors mon oncle qui passait en voiture découverte, je ressentis la douleur, la reconnaissance, le remords que j’aurais voulu lui exprimer. A côté de leur immensité, je trouvai qu’un coup de chapeau serait mesquin et pourrait faire supposer à mon oncle que je ne me croyais pas tenu envers lui à plus qu’à une banale politesse. Je résolus de m’abstenir de ce geste insuffisant et je détournai la tête. Mon oncle pensa que je suivais en cela les ordres de mes parents, il ne le leur pardonna pas, et il est mort bien des années après sans qu’aucun de nous l’ait jamais revu. (Swann 80/144).
(4) Quelques jours après, Odette disait à Swann qu’elle venait d’avoir une déception en voyant que mon oncle était pareil à tous les hommes : il venait d’essayer de la prendre de force. Elle calma Swann qui au premier moment voulait aller provoquer mon oncle, mais il refusa de lui serrer la main quand il le rencontra. Il regretta d’autant plus cette brouille avec mon oncle Adolphe qu’il avait espéré, s’il l’avait revu quelquefois et avait pu causer en toute confiance avec lui, tâcher de tirer au clair certains bruits relatifs à la vie qu’Odette avait menée autrefois à Nice. Or mon oncle Adolphe y passait l’hiver. Et Swann pensait que c’était même peut-être là qu’il avait connu Odette. (Swann 312/432).

4 réflexions au sujet de « Adolphe (Oncle) »

  1. Ligne 4 : il est écrit demies mondaines
    N’est ce pas demi-mondaines ?
    Bravo pour votre site, guide très précieux pour découvrir La Recherche

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