Berma (La)

Berma xLa Berma d’après David Richardson

Nombre de citations du personnage dans chacun des sept livres de la Recherche

Total

Swann

JF

Guer

SG

Pris

Fug

TR

134

6

58

27

2

 

2

39

Modèles possibles : les comédiennes Réjane et Sarah Bernhardt. Réjane a invité Proust à occuper un appartement dans sa maison.

Célèbre actrice admirée par Bergotte Le narrateur encore jeune garçon rêve d’aller la voir jouer. Dans un premier temps son père est hostile à ce projet puis il donne enfin son autorisation, encouragé en cela par son ami M. de Norpois  (1).

On retrouve l’artiste dans le Temps retrouvé. Âgée et très malade, elle est obligée de continuer à se produire pour subvenir aux besoins jamais satisfaits de sa fille et de son gendre. Elle lance une invitation pour un goûter qui est boudé par les mondains et qui prend les allures d’un « repas funéraire » (2).

(1) Ce fut sans doute en remarquant l’abattement où me plongeait l’approche des vacances du jour de l’an pendant lesquelles, comme elle me l’avait annoncé elle-même, je ne devais pas voir Gilberte, qu’un jour, pour me distraire, ma mère me dit : « Si tu as encore le même grand désir d’entendre la Berma, je crois que ton père permettrait peut-être que tu y ailles : ta grand’mère pourrait t’y emmener. » Mais c’était parce que M. de Norpois lui avait dit qu’il devrait me laisser entendre la Berma, que c’était, pour un jeune homme, un souvenir à garder, que mon père, jusque-là si hostile à ce que j’allasse perdre mon temps à risquer de prendre du mal pour ce qu’il appelait, au grand scandale de ma grand’mère, des inutilités, n’était plus loin de considérer cette soirée préconisée par l’ambassadeur comme faisant vaguement partie d’un ensemble de recettes précieuses pour la réussite d’une brillante carrière. (JF 439/10).
(2) Quand la Berma vit l’heure passer et comprit que tout le monde la lâchait elle fit servir le goûter et on s’assit autour de la table mais comme pour un repas funéraire. Rien dans la figure de la Berma ne rappelait plus celle dont la photographie, m’avait, un soir de mi-carême, tant troublé. La Berma avait comme dit le peuple la mort sur le visage. Cette fois c’était bien d’un marbre de l’Erechtéion qu’elle avait l’air. Ses artères durcies étant déjà à demi pétrifiées, on voyait de longs rubans sculpturaux parcourir les joues, avec une rigidité minérale. Les yeux mourants vivaient relativement par contraste avec ce terrible masque ossifié et brillaient faiblement comme un serpent endormi au milieu des pierres. (TR 998/303).

 

 

 

Une réflexion au sujet de « Berma (La) »

  1. En lisant Sw et JF, j’étais agréablement surpris et charmé par l’importance qu’attachent les personnages (et donc MP lui-même) à la musique: un fond sonore inséparable du récit, qui vient parfois occuper le premier plan. C’est comme si, en entrant une cathédrale qu’on a voulu visiter depuis longtemps, on n’y est pas seulement foudroyé par la beauté visuelle, mais qu’on y découvre en même temps les sons brillants des orgues.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *