Valet de pied de Françoise

Total

Swann

JF

Guer

SG

Pris

Fug

TR

14

 

 

 13

1

 

 

 

Même Françoise, la gouvernante, a droit à l’aide d’un valet de pied qui fait du zèle pour se faire bien voir (1). Il a pour nom Joseph Périgot.

Comme Françoise a tendance à tout faire elle-même, pour s’occuper, son valet se crée lui même certaines occupations totalement étrangères à sa fonction (2).

 

(1) Les derniers rites achevés, Françoise, qui était à la fois, comme dans l’église primitive, le célébrant et l’un des fidèles, se servait un dernier verre de vin, détachait de son cou sa serviette, la pliait en essuyant à ses lèvres un reste d’eau rougie et de café, la passait dans un rond, remerciait d’un œil dolent « son » jeune valet de pied qui pour faire du zèle lui disait : « Voyons, madame, encore un peu de raisin ; il est esquis », et allait aussitôt ouvrir la fenêtre sous le prétexte qu’il faisait trop chaud « dans cette misérable cuisine » (Guer 17/11).

(2) Et en ce moment où ma grand’mère était si mal, la besogne de Françoise lui semblait particulièrement sienne. Elle ne voulait pas, elle la titulaire, se laisser chiper son rôle dans ces jours de gala. Aussi son jeune valet de pied, écarté par elle, ne savait que faire, et non content d’avoir, à l’exemple de Victor, pris mon papier dans mon bureau, il s’était mis, de plus, à emporter des volumes de vers de ma bibliothèque. Il les lisait, une bonne moitié de la journée, par admiration pour les poètes qui les avaient composés, mais aussi afin, pendant l’autre partie de son temps, d’émailler de citations les lettres qu’il écrivait à ses amis de village (Guer 322/312).