Naples (Maria-Sophia-Amelia Reine de)

Nombre de citations du personnage dans chacun des sept livres de la Recherche

Total

Swann

JF

Guer

SG

Pris

Fug

TR

20

 

1

3

 

15

 

1

A réellement existé, elle est la reine de Naples, fille de Maximilien-Joseph de Bavière et sœur de l’impératrice d’Autriche (cette dernière étant plus tard bien connue sous le surnom de Sissi).

Reine de Naples, fille de Maximilien-Joseph de Bavière et sœur de l’impératrice d’Autriche (cette dernière étant plus tard bien connue sous le surnom de Sissi). Elle fait partie des invités à la réception qu’a organisée le Baron de Charlus chez les Verdurin. Autant celui-ci se montre goujat envers Mme Verdurin, autant la reine de Naples fait preuve d’affabilité avec elle (1) mais en fin de soirée, choquée par la violence des attaques des Verdurin contre Charlus elle prend alors la défense de ce dernier (2).

(1)
Et M. de Charlus, pendant que ses invités se frayaient un chemin pour venir le féliciter, le remercier comme s’il avait été le maître de maison, ne songea pas à leur demander de dire quelques mots à Mme Verdurin. Seule la reine de Naples, en qui vivait le même noble sang qu’en ses sœurs l’impératrice Elisabeth et la duchesse d’Alençon, se mit à causer avec Mme Verdurin comme si elle était venue pour le plaisir de la voir plus que pour la musique et pour M. de Charlus, fit mille déclarations à la Patronne, ne tarit pas sur l’envie qu’elle avait depuis si longtemps de faire sa connaissance, la complimenta sur sa maison et lui parla des sujets les plus divers comme si elle était en visite. (Pris 246/235).
(2)

La Reine tendit son bras à M. de Charlus. Contre lui aussi elle était fâchée, mais seulement parce qu’il ne faisait pas face plus énergiquement à de vils insulteurs. Elle était rouge de honte pour lui que les Verdurin osassent le traiter ainsi. La sympathie pleine de simplicité qu’elle leur avait témoignée, il y a quelques heures, et l’insolente fierté avec laquelle elle se dressait devant eux prenaient leur source au même point de son cœur. La Reine, en femme pleine de bonté, concevait la bonté d’abord sous la forme de l’inébranlable attachement aux gens qu’elle aimait, aux siens, à tous les princes de sa famille, parmi lesquels était M. de Charlus, ensuite à tous les gens de la bourgeoisie ou du plus humble peuple qui savaient respecter ceux qu’elle aimait et avoir pour eux de bons sentiments. (Pris 321/308).

 

6 réflexions au sujet de « Naples (Maria-Sophia-Amelia Reine de) »

  1. La Reine de Naples et des Deux-Siciles dont parle Proust est la soeur de l’impératrice Elizabeth d’Autriche célèbre sous le nom de Sissi.

  2. Pour l’anecdote : des biographes rapportent qu’après la mort de Proust (en 1922), on a lu à l’authentique Reine de Naples (morte en 1925) le fameux passage où son double littéraire sauve Charlus de l’affront que lui font les Verdurin et Morel : la souveraine octogénaire aurait dit alors : « Je ne connais pas ce Monsieur Proust, mais lui doit me connaître : j’aurais agi ainsi qu’il me décrit dans son livre, il me semble. »

  3. Bonjour.
    En affirmant qu’elle ne connaissait pas ce Monsieur Proust mais que lui… devait la connaître, Marie-Sophie de Bavière peut avoir exprimé une certaine vérité.
    A dater de 1897 et jusqu’en 1924 la France eut pour ambassadeur « inamovible » à Rome le très intrigant Barrère, qui avait fait du renversement des alliances de l’Italie (dans le sens Triple Alliance, vers Triple Entente) l’affaire de sa vie et qui d’ailleurs y parvint en mai 1915.
    Or il se trouve que Barrère était non seulement client du… docteur Proust mais également de ses intimes et que du temps où Marcel était enfant : monsieur l’ambassadeur venait chaque semaine dîner à la maison chez les Proust !
    Puis Marcel devint grand, fit son service militaire et y connut Robert de Billy auquel le lia une amitié à vie mais dont les circonstances l’éloignèrent, géographiquement sinon épistolairement : le second entra dans la carrière diplomatique et, fort de ses conceptions très offensives (qui au Maroc l’amenèrent même à s’opposer à Lyautey, partisan de la… pénétration lente) ne tarda pas à faire partie de la « garde rapprochée » de… Barrère, sans cesse plus influent et dont le pouvoir n’était égalé que par les frères Cambon et par Paléologue.
    Or Barrère, qui sur l’échiquier italien plus encore que sur tout autre aura eu les yeux de Chimène pour quiconque pouvait lui être utile (à tel point que dès l’automne 1914 et quoi qu’en dise Sciences-Po etc. il offrit et sans états d’âme un journal clé en mains à un Mussolini qui n’était pas vraiment sa tasse de thé), avait une attention toute particulière pour Marie-Sophie, veuve de François II de Bourbon ; à ce titre elle était inconsolable de l’Unité italienne de 1861 (qui s’était faite au profit de l’ex- Piémont-Sardaigne) et… aisément manipulable contre la dynastie des « Savoie » en place, et solidaire de la Triple Alliance.
    Jusqu’en 1917 (date à laquelle Barrère se fâcha avec de Billy dont il avait fait le Premier secrétaire à Rome mais qui prenait trop d’ascendant à son goût) monsieur l’ambassadeur et de Billy parlèrent d’une même voix ; et on veut bien croire que dans les lettres que le second adressait à Proust, sur lequel il exerça un ascendant plus important que n’ont bien voulu le reconnaître certains proustiens, il lui aura dit un peu du bien qu’il pensait de Marie-Sophie…
    Cordialement

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *