Les « imitations » d’Oriane de Guermantes

Le côté de Guermantes (La Pléïade 1954, page 461 et Folio 1988, page 446)

 

 

Pour prendre comme exemple l’exercice qu’on appelle, dans une autre acception du mot imitation, « faire des imitations » (ce qui se disait chez les Guermantes « faire des charges »), Mme de Guermantes avait beau le rĂ©ussir Ă  ravir, les Courvoisier Ă©taient aussi incapables de s’en rendre compte que s’ils eussent Ă©tĂ© une bande de lapins, au lieu d’hommes et de femmes, parce qu’ils n’avaient jamais su remarquer le dĂ©faut ou l’accent que la duchesse cherchait Ă  contrefaire. Quand elle « imitait » le duc de Limoges, les Courvoisier protestaient : « Oh ! non, il ne parle tout de mĂŞme pas comme cela, j’ai encore dĂ®né hier soir avec lui chez Bebeth, il m’a parlĂ© toute la soirĂ©e, il ne parlait pas comme cela », tandis que les Guermantes un peu cultivĂ©s s’Ă©criaient : « Dieu qu’Oriane est drolatique ! Le plus fort c’est que pendant qu’elle l’imite, elle lui ressemble ! Je crois l’entendre. Oriane, encore un peu Limoges ! » 

*****