« Aristos », « populo » et patriotisme

Le temps retrouvé

 

 

Les jeunes socialistes qu’il pouvait y avoir Ă  Doncières quand j’y Ă©tais mais que je ne connaissais pas parce qu’ils ne frĂ©quentaient pas le milieu de Saint-Loup, purent se rendre compte que les officiers de ce milieu n’Ă©taient nullement des « aristos » dans l’acception hautainement fière et bassement jouisseuse que le « populo », les officiers sortis du rang, les francs-maçons donnaient au surnom d’« aristos ». Et pareillement d’ailleurs, ce mĂŞme patriotisme, les officiers nobles le rencontrèrent pleinement chez les socialistes que je les avais entendu accuser, pendant que j’Ă©tais Ă  Doncières, en pleine affaire Dreyfus, d’ĂŞtre des « sans-patrie ». Le patriotisme des militaires, aussi sincère, aussi profond, avait pris une forme dĂ©finie qu’ils croyaient intangible et sur laquelle ils s’indignaient de voir jeter l’opprobre, tandis que les patriotes en quelque sorte inconscients, indĂ©pendants, sans religion patriotique dĂ©finie, qu’Ă©taient les radicaux-socialistes, n’avaient pas su comprendre quelle rĂ©alitĂ© profonde vivait dans ce qu’ils croyaient de vaines et haineuses formules.

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