Valet de chambre de l’oncle Adolphe

 

Total

Swann

JF

Guer

SG

Pris

Fug

TR

8

5

 

3

 

 

 

 

Il voue un véritable culte à son maître. Un an après la mort de celui-ci malade, il envoie son fils (Charlie Morel un futur personnage important de « la Recherche ») apporter au narrateur une série de photographies des actrices et grandes cocottes que l’oncle Adolphe a connues (1)

(1) Ce grand-oncle (celui chez lequel j’avais vu la dame en rose) était mort l’année précédente. Son valet de chambre avait manifesté à plusieurs reprises l’intention de venir me voir ; je ne savais pas le but de sa visite, mais je l’aurais vu volontiers car j’avais appris par Françoise qu’il avait gardé un vrai culte pour la mémoire de mon oncle et faisait, à chaque occasion, le pèlerinage du cimetière. Mais obligé d’aller se soigner dans son pays, et comptant y rester longtemps, il me déléguait son fils. Je fus surpris de voir entrer un beau garçon de dix-huit ans, habillé plutôt richement qu’avec goût, mais qui pourtant avait l’air de tout, excepté d’un valet de chambre. Il tint du reste, dès l’abord, à couper le câble avec la domesticité d’où il sortait, en m’apprenant avec un sourire satisfait qu’il était premier prix du Conservatoire. Le but de sa visite était celui-ci : son père avait, parmi les souvenirs de mon oncle Adolphe, mis de côté certains qu’il avait jugé inconvenant d’envoyer à mes parents, mais qui, pensait-il, étaient de nature à intéresser un jeune homme de mon âge. C’étaient les photographies des actrices célèbres, des grandes cocottes que mon oncle avait connues, les dernières images de cette vie de vieux viveur qu’il séparait, par une cloison étanche, de sa vie de famille. (Guer 264/254).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *