Marguerite

Nombre de citations du personnage dans chacun des sept livres de la Recherche

Total

Swann

JF

Guer

SG

Pris

Fug

TR

15

1

 

5

6

3

Fille de Françoise. Elle a l’habitude de rester plusieurs jours lorsqu’elle va visiter sa mère ce qui agace le narrateur qui craint d’être privé des services de Françoise (1) ; de plus, elle fait preuve de sans-gêne et use d’un langage pittoresque et vulgaire qui lui déplaît (2).

(1)

Elle sortait infailliblement les jours où j’avais besoin d’elle. C’était toujours pour aller voir son frère, sa nièce, et surtout sa propre fille arrivée depuis peu à Paris. Déjà la nature familiale de ces visites que faisait Françoise ajoutait à mon agacement d’être privé de ses services, car je prévoyais qu’elle parlerait de chacune comme d’une de ces choses dont on ne peut se dispenser, selon les lois enseignées à Saint–André-des-Champs. Aussi je n’écoutais jamais ses excuses sans une mauvaise humeur fort injuste et à laquelle venait mettre le comble la manière dont Françoise disait non pas : « j’ai été voir mon frère, j’ai été voir ma nièce », mais : « j’ai été voir le frère, je suis entrée « en courant » donner le bonjour à la nièce (ou à ma nièce la bouchère) ». Quant à sa fille, Françoise eût voulu la voir retourner à Combray. Mais la nouvelle Parisienne, usant, comme une élégante, d’abréviatifs, mais vulgaires, elle disait que la semaine qu’elle devrait aller passer à Combray lui semblerait bien longue sans avoir seulement « l’Intran ». (Guer 147/139).

(2)

La fille de Françoise, au contraire, parlait, se croyant une femme d’aujourd’hui et sortie des sentiers trop anciens, l’argot parisien et ne manquait aucune des plaisanteries adjointes. Françoise lui ayant dit que je venais de chez une princesse : « Ah ! sans doute une princesse à la noix de coco. » Voyant que j’attendais une visite, elle fit semblant de croire que je m’appelais Charles. Je lui répondis naïvement que non, ce qui lui permit de placer : « Ah ! je croyais ! Et je me disais Charles attend (charlatan). » Ce n’était pas de très bon goût. Mais je fus moins indifférent lorsque, comme consolation du retard d’Albertine, elle me dit : « Je crois que vous pouvez l’attendre à perpète. Elle ne viendra plus. Ah ! nos gigolettes d’aujourd’hui ! » (SG 728/125).

2 réflexions au sujet de « Marguerite »

  1. Merci d’avoir mis en ligne de si précieuses informations.

    La question que je me pose est la suivante :
    À partir de quand, dans le roman, sait-on que Françoise à une fille. (Et que sait-on du père ?)
    Autrement dit, où est l’unique mention de l’existence de Marguerite que vous relevez dans Swann ?

    • Marguerite, la fille de Françoise, est citée pour la première fois dans le premier volume de la Recherche (pages 52 de la Pléïade édition 1954 ou page 110 de la collection Folio).
      Voici l’extrait : »Elle [la mère du Narrateur] avait deviné que Françoise n’aimait pas son gendre et qu’il lui gâtait le plaisir qu’elle avait à être avec sa fille, avec qui elle ne causait pas aussi librement quand il était là. Aussi, quand Françoise allait les voir, à quelques lieues de Combray, maman lui disait en souriant : « N’est-ce pas Françoise, si Julien a été obligé de s’absenter et si vous avez Marguerite à vous toute seule pour toute la journée, vous serez désolée, mais vous vous ferez une raison ? » Et Françoise disait en riant : « Madame sait tout ; madame est pire que les rayons X.
      A ma connaissance, Proust ne parle jamais du mari de Françoise.

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