Froberville (Colonel de)

Nombre de citations du personnage dans chacun des sept livres de la Recherche

Total

Swann

JF

Guer

SG

Pris

Fug

TR

16

     

14

2

   

Peu fortuné, le ménage Froberville  bénéficie de l’aide matérielle de Mme de Saint-Euverte la tante du colonel  (1). Il n’a pas l’âme reconnaissante puisqu’il souhaite chaque année l’échec de la garden-party de  sa tante (2).

M de Guermantes jusque-là très antidreyfusard change subitement d’opinion et traite Froberville de « gaga » (3).

(1)

M. de Froberville avait forcément bénéficié de la situation de faveur qui depuis peu était faite aux militaires dans la société. Malheureusement, si la femme qu’il avait épousée était parente très véritable des Guermantes, c’en était une aussi extrêmement pauvre, et comme lui-même avait perdu sa fortune, ils n’avaient guère de relations et c’étaient de ces gens qu’on laissait de côté, hors des grandes occasions, quand ils avaient la chance de perdre ou de marier un parent. Alors, ils faisaient vraiment partie de la communion du grand monde, comme les catholiques de nom qui ne s’approchent de la sainte Table qu’une fois l’an. Leur situation matérielle eût même été malheureuse si Mme de Saint–Euverte, fidèle à l’affection qu’elle avait eue pour feu le général de Froberville, n’avait pas aidé de toutes façons le ménage… (SG 676/76).

(2)

Mais le colonel, qui passait pour un bon garçon, n’avait pas l’âme reconnaissante. Il était envieux des splendeurs d’une bienfaitrice qui les célébrait elle-même sans trêve et sans mesure. La garden-party était pour lui, sa femme et ses enfants, un plaisir merveilleux qu’ils n’eussent pas voulu manquer pour tout l’or du monde, mais un plaisir empoisonné par l’idée des joies d’orgueil qu’en tirait Mme de Saint–Euverte. L’annonce de cette garden-party dans les journaux qui, ensuite, après un récit détaillé, ajoutaient machiavéliquement : « Nous reviendrons sur cette belle fête », les détails complémentaires sur les toilettes, donnés pendant plusieurs jours de suite, tout cela faisait tellement mal aux Froberville, qu’eux, assez sevrés de plaisirs et qui savaient pouvoir compter sur celui de cette matinée, en arrivaient chaque année à souhaiter que le mauvais temps en gênât la réussite, à consulter le baromètre et à anticiper avec délices les prémices d’un orage qui pût faire rater la fête. (SG 677/76).

(3) …les amis du duc qui l’avaient vu [M. de Guermantes], si indifférent au début, devenir un antidreyfusard forcené, restèrent muets de surprise en l’entendant (comme si la cure n’avait pas agi seulement sur la vessie) leur répondre : « Hé bien, le procès sera révisé et il sera acquitté ; on ne peut pas condamner un homme contre lequel il n’y a rien. Avez-vous jamais vu un gaga comme Froberville  » Un officier préparant les Français à la boucherie, pour dire la guerre ! « Etrange époque ! » (SG 739/137).

 

 

 

 

 

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